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Société

Décès de Cédric d’Apedo Amoumou : l’Oclad et la prison centrale au banc des accusés

par BITOLI Valérie - 02 Oct 2020, 15:15 536 Vues 0 Commentaires
IMG Maitre Nicaise Narcisse Ondo Nguema lors de la déclaration à la presse.

Maitre Nicaise Narcisse Ondo Nguema a réuni la presse nationale et internationale pour dénoncer une violation des procédures pénales dans l’affaire de son client feu Apedo Amoumou  Cédric.

 

 A la faveur d’un point  presse animé le  jeudi 01 octobre 2020 à 12 heures  dans son cabinet sis au quartier Nombakele, Maitre Nicaise Narcisse Ondo Nguema, avocat à la cour, a  dénoncé une insulte faite à la mémoire de son client à travers les multiples  violations des  procédures pénales. Devant la presse, dans sa robe noire, l’avocat dénonce la  mort dans des conditions  étranges de son client et fustige le comportement de Flore Nathalie Bouenestse, juge du 3e cabinet d’instruction au tribunal de Libreville.

 

Les faits

 

Apedo Amoumou Cédric, âgé de 29 ans  exerçant dans le domaine du génie civil  est arrêté à son domicile, le mardi  12 mai 2020 aux environs de 4h20 du matin.    Huit agents des forces de police nationale gabonaise, armés jusqu’aux  dents et appartenant à l’unité de la police appelé OCLAD font une descente au milieu de la nuit chez ce ressortissant Togolais.  Les raisons de cette descente musclée, une dénonciation pour détention de drogues.

 

Après quelques jours en cellule, Cédric Apedo Amoumou est placé sous mandat de dépôt, vendredi 15 mai 2020, à la prison centrale de Libreville. Le dimanche  17 mai, soit 48 heures après avoir été placé sous mandat de dépôt, la famille reçoit un appel de la maison d’arrêt de Libreville, leur annonçant le décès de leur fils. La tragédie.  De quoi est mort Cédric ? Qu’est ce qui s’est réellement passé entre le jour de son arrestation par les éléments de l’Oclad et sa mise en détention à la prison de Gros-bouquet ?

 

Les résultats de l’autopsie, un début de réponse

 

 

Les résultats de l’autopsie révèleront que « Monsieur Apedo Amoumou Cédric est décédé le 17 mai 2020 des suites des complications d’un trouble métabolique grave probablement une hypoglycémie. Toutefois, la victime a eu une agression physique sur la tête avec un objet contondant. Il en résulte de manière non équivoque au vu des conclusions de ce rapport que sieur Apedo Amoumou Cédric a reçu des coups qui ont été donnés volontairement  contre lui notamment sur la tête,  et a été volontairement privé de nourriture par les huit policiers qui l’avaient illicitement interpelé et gardé à vu à  l’OCLAD, dégaine l’avocat de la victime.

 

Par conséquent, indique l’avocat, le  5 juin 2020  la famille de Cédric Amoumou va décider  de porter plainte contre le lieutenant Stella Ada Owono épouse Mambili et les autres policiers de l’OCLAD. De même qu’une plainte sera initiée contre X contre   la sécurité pénitentiaire. Les motifs des deux plaintes : meurtre en bande organisée, association de malfaiteurs, crime, acte de torture, arrestation, séquestration arbitraire, destruction de biens immobiliers appartenant à autrui.

 

Les agents de l’Oclad devant le procureur

 

 

Saisissant l’affaire, le parquet de la République fait un soit-transmis à l’inspection, qui aussitôt saisi  de l’affaire, fait preuve de professionnalisme et d’impartialité en bouclant l’enquête dans les délais raisonnables. Ainsi, le 26 août, le lieutenant de police Ada Owono épouse Mambili et le Brigadier–chef major, Judicaël Mbadinga vont être présentés au parquet de la République. «  Dans son réquisitoire, le parquet de la République affirme qu’il pèse sur les deux  agents  de police des présomptions suffisantes d’avoir volontairement porté des coups ayant entrainé la mort de Cédric Apedo Amoumou en plus d’avoir tenté d’extorquer des fonds à la mère de la victime. » indique l’avocat. 

 

Pourquoi le juge bloque l’affaire ?

 

La Juge en charge du dossier au 3e cabinet d’instruction du tribunal de Libreville, dame Flore Nathalie  Bouenestse est accusé par l’avocat de la victime d’avoir devant la gravité des faits  trouvé mieux que de   décerner un mandat de dépôt  de 9 jours à l’encontre du Brigadier –chef Major Mbadinga Michel Judicaël et du lieutenant Ada Owono Stella épouse Mambili.

Pire, cette dernière, après avoir pris deux mandats de dépôt provisoires contre les policiers, en date du 26 août 2020, se serait  permisse  de s’auto saisir avant même le terme du mandat de 9 jours qui devait expirer le 1 septembre 2020,  fustige, Nicaise Narcisse  Me Ondo Nguema.

 

Constatant l’absence de fondement légal de l’ordonnance de mise en liberté d’office après incarcération provisoire, l’avocat  va donc saisir la chambre d’accusation afin que justice soit rendue à son client. De ce fait il exige de la part de la chambre d’accusation «  qu’elle déclare nulle et de nul effet ladite ordonnance dépourvue de base légale, qu’elle ordonne que le lieutenant de police Ada Owono Stella épouse Mambili et du Brigadier-chef-Major Michel Judicaël Mbadinga  terminent l’exécution du mandat de dépôt de 9 jours.

 

Mieux l’avocat demande à la chambre d’accusation  qu’elle dessaisisse la juge de la 3e chambre Flore Nathalie Bouenestse du dossier au profit d’un autre Juge d’instruction et qu’elle prononce  un mandat de dépôt tout court contre tous les policiers présumés auteurs du crime contre Cédric Apedo Amoumou : « j’invite le prochain juge d’instruction à orienter les instructions du côté de la maison d’arrêt de Libreville afin de recueillir tous les faits qui pourraient permettre d’établir l’éventuelle responsabilité des agents de la sécurité pénitentiaire où des codétenus par extraordinaire »a conclu, Me Nicaise Narcisse Ondo Nguema,  tout en fustigeant le silence du Directeur de la prison centrale de Libreville dans cette affaire.

(A suivre)

 

 

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