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Politique

(Détention politique) Yeo Sihifowa condamné mais libre !

par BITOLI Valérie - 21 Aug 2020, 15:22 1315 Vues 1 Commentaires
IMG Yeo sera libre dans trois semaines.

Le Tribunal de Libreville vient de condamner l’informaticien ivoirien à 5 ans de prison dont 4 ans ferme et une année avec sursis. Après quatre ans d’emprisonnement provisoire, il sera libre ce 13 septembre.

 

La tête haute, revêtu d’un polo rouge, d’un jean noir et d’une paire de babouches aux pieds, Yeo Sihifowa se lève à l’appel  de son nom par le juge. Il est 11 heures 45 minutes quand ce vendredi 21 août, le magistrat  prononce le verdict tant attendu. 

 

L’informaticien ivoirien, arrêté dans la nuit du 31 août au 1er septembre au quartier général de l’opposant Jean Ping, est reconnu coupable des faits «  de diffusion de fausses informations et des pièces falsifiées  ainsi que la transmission sans autorisation des signaux à l’aide d’installation de télécommunication frauduleuse. » Le tout en lien avec l’élection présidentielle de 2016.

 

En répression de ces délits, Yéo Sihifowa est condamné par le tribunal  à 5 ans de prison dont 4 ans ferme et une année avec sursis. Il est en outre interdit de séjour sur le territoire gabonais pendant dix ans et astreint à payer une amende de deux millions de Fcfa. Ayant déjà passé 4 ans en détention provisoire à la prison centrale de Libreville, Yeo sera donc libéré dès le 13 septembre prochain, date de la fin des quatre années de prison  ferme. 

 

Une satisfaction pour son avocat. Me David Hermann Zassi Mickala  indique que : « c’est une décision conforme au droit dans une affaire douloureuse qui a eu lieu dans un climat politique particulier. Donc, aujourd’hui la justice gabonaise a rendu  son honneur à M.Yeo. Ce n’est pas une décision politique puisque M.Yeo n’est pas un homme politique. Mon client va pouvoir recouvrer sa liberté, c’est le plus important. Il va pouvoir rejoindre sa famille et le Gabon aura lavé son honneur. »

 

L’avocat, réputé discret, relève en outre que pendant quatre ans son client a été abandonné à lui-même dans les geôles de Gros-bouquet : « Yeo vivait au Gabon  sans aucun soutien, sans aucune famille, c’est un dossier que j’ai plaidé sans aucune rémunération. On ne pouvait pas laisser Yeo dans les geôles. Maintenant il peut regagner son pays librement ».

 

Pour autant Yeo n’oubliera pas de sitôt  le cauchemar gabonais.

 

Il se souviendra que pour avoir répondu à une sollicitation professionnelle dans les équipes de campagne de Jean Ping, il s’est retrouvé quelques heures après la proclamation des résultats dans une cellule avant d’être placé sous-mandat de dépôt. Il se souviendra que le régime en place, dans sa volonté de  trouver des coupables au soulèvement populaire qui a suivi la proclamation des résultats, va présenter Yeo à la télévision publique comme étant « un cyber criminel »  auteur de la fabrication de faux résultats électoraux donnant Jean Ping vainqueur devant Ali Bongo.  Yeo se rappellera par ailleurs, avoir été totalement  oublié par ses employeurs de l’époque.  Il ne survivra à cet enfer que grâce à sa force de détermination et sa capacité de résilience.  Sa volonté de vouloir absolument s’en sortir l’emmènera à faire les corvées des autres détenus pour avoir de quoi se nourrir. De l’enfer Yeo en est sorti.

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1 Commentaires

Akho - Aug 22, 12:36

On n'est mieux que chez soi!


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