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Droit de l’homme au Gabon ; quand Madame la ministre ne dit pas la vérité

par BITOLI Valérie - 27 Feb 2020, 15:03 187 Vues 0 Commentaires
IMG La ministre de la Justice tente de sauver l'image du régime.

La ministre de la Justice parle d’importantes améliorations en matière de respect des droits de l’homme au Gabon, un discours aux antipodes de la réalité.

La ministre de la Justice,  Garde des Sceaux, Erlyne Antonela Ndembet-Damas, prend part, depuis le 25 février dernier, à la 43 e session ordinaire du Conseil des droits de l’Homme (CDH). A l’occasion de ces assises qui  ont lieu à Genève en Suisse, la ministre de la Justice du Gabon a été invitée à se prononcer sur la question du respect des droits de l’homme dans son pays.

 

Comme il fallait s’y attendre Erlyne Antonela Ndembet-Damas s’est lancée dans un discours pro modo  à des années lumière de la réalité.  Pour elle, le Gabon va tenir ses engagements internationaux et   améliorer par la même occasion la mise en oeuvre    des instruments juridiques internationaux inhérents aux droits de l’Homme.  Avant d’énumérer de pseudos avancées en matière de libertés fondamentales. Lesquelles avancées sont perceptibles à travers la jouissance par tous les citoyens de leurs droits.  

 

Sauf qu’au moment où la ministre tient un discours  aussi mensonger qu’hypocrite, le Gabon est devenu le théâtre des pires atrocités commises sur les détenus à la prison centrale de Libreville. Même si le ministère public à travers la sortie médiatique du procureur de la République, Patrick Roponat, dément tout acte de violence, un des détenus de l’opération scorpion a, dans une lettre ouverte, réitéré ses aveux : « j’ai été bel et bien victime de violences sexuelles dans cette cellule d'isolement. » a souligné Patrichi Tanasa Mbadinga dans la lettre envoyée à Erlyne Antonela Ndembet-Damas.

 

Pire, au moment où la ministre jette à la face du monde des contre-vérités,  les avocats de Pascal Oyougou viennent de décider de monter au créneau pour dénoncer l’incarcération après deux ans et six mois de leur client. Une incarcération qui a largement dépassée les délais légaux de la détention préventive mettant en évidence la vacuité du dossier monté contre ce membre de l’opposition.  

 

Que dire de la détention depuis 2017 de Magloire Ngambia. D’ailleurs sur ce dossier,  le Groupe de travail de l’Onu sur la détention arbitraire vient  de demander sa libération immédiate.  Relevant que la privation de liberté de Magloire Ngambia est arbitraire et  qu’à ce titre le Gabon viole la déclaration universelle des droits de l’homme, le pacte international relatif aux droits civils et politiques  et la charte africaine des droits de l’homme et des peuples.  Ne parlons pas des cas, de l’informaticien ivoirien, Yeo Sihifowa, devenu esclave à la prison centrale pour survivre ou  de Privat Ngomo arrêté pour l’expression de ses opinions politiques… Alors de quoi parle Madame la ministre ?

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