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Libre propos : L’église réduite à mendier ce qui lui revient de droit, la tenue des cultes

par BITOLI Valérie - 07 Sep 2020, 13:13 261 Vues 0 Commentaires
IMG Geoffroy Foumboula Libeka, leader de la société civile.

Les voix s’élèvent de plus en plus pour exiger du gouvernement la réouverture des lieux de cultes. Geoffroy Foumboula Libeka appelle désormais les leaders religieux à prendre conscience du peu de considération que leur accordent les dirigeants politiques

(*) Geoffroy Foumboula Libeka  

 

S'il est écrit, « soyez soumis aux autorités », est-il aussi écrit « autorité méprise l'église » ? L’église est juridiquement une association au sens de la loi 25/62 du 10 juin 1962, elle est du point de vue social et humain un conseiller objectif pour le peuple mais aussi pour les gouvernants, du point de vue spirituel, l’église est un véritable bouclier, en somme, l’Église lorsqu’on a compris son essence jouit d’une considération certaine. Mais cela est valable pour des pays qui ont compris le sens de l’équilibre sociétal.

 

Cela n’est pas le cas au Gabon, simplement parce que les leaders religieux dans leurs immenses sensibilités n’ont pas encore compris que les gouvernants en face, n’ont en réalité aucune considération pour eux, si ce n’est solliciter leur caution morale lors des rendez-vous sociaux allant dans le sens de consolider les intérêts des gouvernants. C’est juste à ces occasions que les leaders religieux sont valorisés et leurs autorités reconnues par les gouvernants, cela l’a été lors du dialogue d’Angondjé, les rencontres d’Arambo, les crises postes électorales et leurs présences lors des différentes prestations de serment. Elles n’ont aux yeux des gouvernants qu’un rôle de figurant et de caution morale.

 

De toutes les associations régies par la loi 35/62 au nombre desquelles, les partis politiques, l’église est la seule dont les activités demeurent interdites. Les partis politiques, en l’occurrence le parti au pouvoir organise ses rencontres, ses ministres sont accueillis dans les liesses populaires réunissant plus de 10 personnes lors de leur déplacement, les parlementaires se réunissent à plus de 10 à l’hémicycle… « Nous devons apprendre à vivre avec la COVID-19 » disait le Chef de l’Etat, donnant le sentiment que seuls les gouvernants ont le droit de mener leurs activités en tenant compte du contexte COVID-19.

 

Ces injustices doivent avoir pour mérite d’éveiller la conscience du Chrétien et singulièrement des leaders religieux.

 

De la même façon que le mendiant sollicite une pièce pour se nourrir, l’église est aujourd’hui réduite par les gouvernants à mendier la tenue des cultes, nourritures spirituelles pour le croyant. Les administrations publiques et parapubliques, les entreprises, les marchés, etc…rassemblent chaque jour plus de personnes que les lieux de cultes en un seul dimanche; pour preuve, les chrétiens qui y travaillent sont les mêmes qui se rendent chaque dimanche à leurs lieux de cultes, à quel niveau le risque est-il le plus élevé ?

 

Les gouvernants ne font même pas mention de l’ouverture des lieux de cultes dans leurs conseils interministériels ou conseil des ministres, preuve qu’à leurs yeux l’église vaut pour peu. En recevant les Leaders religieux en juillet dernier, suivi de la visite des lieux cultes, beaucoup avaient parié pour une reprise imminente des activités de cultes, mais  comme je le disais en ce temps, l’église n’a fait qu’offrir une campagne médiatique de plus aux gouvernants afin de conforter leurs autorités sur l’église.

 

Les chrétiens au Gabon, c’est plus de 1.200.000 personnes, c’est la première puissance démographique au Gabon. Si après ces évènements, l’Église ne prend pas les résolutions qui s’imposent pour accompagner les chrétiens à jouer leur rôle du point de vue économique, culturel, social, politique et civique. L’usage du contexte COVID-19 à des fins inavouées par les gouvernants doit nous interpeller. Au passage, depuis des semaines, des Etats-Unis, en passant par la France, l’Italie, l’Espagne, la Cote d’Ivoire, la Congo, la RDC…les lieux de cultes sont ouverts dans le strict respect du protocole sanitaire lié à la COVID-19.

 

Ouvrez les lieux de cultes, c’est un droit consacre  par notre constitution. 

 

 (*) Ambassadeur du Leadership et de l'Engagement Jeunesse du Gabon.

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