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Magloire Ngambia devant les juges : Va-t-il parler ?

par BITOLI Valérie - 03 Jun 2020, 08:14 912 Vues 0 Commentaires
IMG Ngambia et l'ombre de l'affaire Santulo.

L’ancien ministre « du ciel et de la terre » du régime d’Ali Bongo comparaît le 22 juin prochain devant le juge d’instruction de la Cour criminelle spéciale. Trois ans et six mois après son incarcération, Ngambia va-t-il parler ?

A l’époque ministre, il n’était pas très diseur.   Magloire Ngambia fuyait les feux des projecteurs, les regards indiscrets des médias en s’abstenant de toute forme de vedettariat au sein du gouvernement.  Cette discrétion qui lui valait une certaine sympathie dans l’opinion, ne reflétait pour autant  pas une absence de pouvoir.

 

Bien au contraire,  cet ancien directeur central adjoint  de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) a connu au lendemain de l’arrivée d’Ali Bongo au pouvoir une ascension fulgurante. De ministre de l’Economie à  ministre cumulé des départements des Investissements, des Transports, de l’Habitat, des Travaux publics  et de l’Aménagement du territoire.  Au point  d’être qualifié  par plusieurs cadres dans l’administration  centrale de « ministre du ciel et de la terre ».   Une accumulation des charges qui fait de Magloire Ngambia, l’un des principaux ministres accusés, d’être responsable du fiasco du premier mandat d’Ali Bongo. 

 

Il sera arrêté puis jeté à la prison centrale, de Gros-bouquet, le 10 janvier 2017 dans le cadre de l’opération Mamba.   Trois ans et six mois après, Magloire Ngambia  y séjourne toujours.  Une détention arbitraire, au-delà des délais légaux, qui va susciter, en janvier 2020,  la réaction du Groupe de Travail des Nations unies sur la détention.  Dans  un avis, cet organisme va demander ni plus, ni moins,   la libération immédiate du détenu.  Estimant que cette détention viole la déclaration universelle des droits l’homme et le pacte international relatif aux droits  civils et politiques de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples. 

 

Ses avocats, Me (s) Alicia Ondo, Seydou Diagne et Pierre Olivier vont en outre indiquer être préoccupés par les allégations de tortures et de mauvais traitements  sur leur client.  Face à cette riposte, c’est le silence de cathédrale du côté du juge d’instruction.   Avant qu’en ce début du mois de juin,  les services judiciaires annoncent la tenue, pour le 22 du même mois une audience devant le juge de la cour criminelle spéciale.  Une lueur d’espoir pour la famille qui espère que Ngambia va au sortir de cette audience bénéficier d’une mise en liberté provisoire en attendant un hypothétique procès aux révélations explosives. Quoique le régime n’a pas très envie d’en arriver là, au risque d’exposer  plusieurs personnalités au sommet de l’Etat qui auraient trempés dans ces mafias.

 

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