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Perenco ; la boîte « toxique » engluée dans plusieurs scandales

par BITOLI Valérie - 27 Aug 2020, 16:33 899 Vues 0 Commentaires
IMG Perenco, une entreprise aux pratiques opaques.

Alors qu’elle renforce son emprise au Gabon, la multinationale est citée dans plusieurs scandales, les conditions d’acquisition de ses marchés seraient opaques tandis que ses sites d’exploitation polluent la nature.

Il faudra bien plus  qu’une campagne de communication sur les actions sociales dans les pays où elle présente pour étouffer les nombreux scandales dans lesquels elle est plongée. Elle, c’est la multinationale Franco-britanique Perenco. Désormais leader de l’exploitation pétrolière au Gabon avec l’acquisition du terminal du Cap Lopez et 7 champs matures cédés par Total Gabon,  la multinationale ne cesse d’être accusée de pollution environnementale en République démocratique du Congo (RDC) et de corruption dans l’acquisition des parts au Venezuela.

 

D’ailleurs sur le dossier de pollution,  la multinationale pétrolière est présentée par le journal français Le Monde comme une boîte « toxique ». Au point que les ONG Sherpa et Amis de la Terre dénoncent ses pratiques peu précautionneuses entrainant pollutions et dégradations environnementales à Muanda, ville côtière de la province du Kongo Central en République démocratique du Congo (RDC).  Dans un article  daté d’octobre 2019, Le Monde relevait que Perenco n’apprécie guère de devoir s’expliquer sur les préjudices environnementaux présumés causés par son activité en RDC.

 

Sur ces accusations, les plaintes initiées par les ONG ont peu de chance d’aboutir. Tant il est difficile de clairement établir les liens entre la maison mère et toutes ses filiales relève les membres de la société civile : «  Si l’on ne connaît pas le lien formel ou la nature des flux financiers entre la société mère Perenco et ses filiales, impossible de mettre en cause sa responsabilité pour des atteintes aux droits humains ou à l’environnement, et impossible de savoir comment l’entreprise s’acquitte de ses obligations fiscales, ni où vont ses profits ».

Et d’ajouter : « Guatemala, Pérou, Gabon, Équateur, Colombie, Tunisie, partout où Perenco s’implante, les controverses ne tardent pas à suivre ».

 

Corruptions et liens occultes avec le Palais

Alors que la multinationale est engluée dans un vaste scandale de blanchiment d’argent aux Etats-Unis,  les rebondissements de cette affaire pourraient avoir un impact au Gabon et dans les autres pays dans lesquels Perenco est implantée. Les procureurs de Floride, District du Sud, enquêtent (Reuters, 04/11/2018) sur les allégations de pots-de-vin versés à un haut fonctionnaire de PDVSA (Société nationale vénézuélienne du pétrole) pour un traitement préférentiel dans le cadre des joint-ventures avec cette dernière, suspectée en plus de blanchiment d’argent. Abraham Ortega, ancien Directeur financier de PDVSA, a reconnu sous serment avoir reçu plusieurs millions de dollars : trois de Perenco et deux de Gazprombank.

 

Les procureurs américains en charge du dossier enquêteraient aussi sur une affaire de blanchiment d’argent entre le Gabon et la France, transaction qui aurait un lien avec le scandale vénézuélien.

 

Mieux, selon Africa Confidential (30/04/2020), le président Ali Bongo Ondimba aurait trouvé un nouveau moyen de pénétrer le marché immobilier à Paris. Perenco, premier producteur de gaz et de pétrole dans le pays, serait la clé de ce retour dans la cité des lumières, indiquait le média international. Ces liens occultes  expliquent-ils la montée en puissance de la société pétrolière au Gabon ?

 

(Affaire à suivre)

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