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Pénurie de vivres sur les marchés : Graine, le fiasco !

par BITOLI Valérie - 06 Feb 2020, 13:57 147 Vues 0 Commentaires
IMG Le projet Graine a vendu à ces populations du vent.

La crise due à l’absence de vivres sur les marchés de la capitale met en lumière le fiasco du projet Graine.

C’est   à la réalité des faits que l’on se rend compte  de la duperie voire  de l’enfumage que représente la Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés (Graine).  Cette initiative lancée à grand  renfort médiatique en décembre 2014, par le président de la République, Ali Bongo, visait  à jeter les bases d’une politique agricole basée sur la valorisation de la culture de la terre tout  en poussant les populations à  s’investir dans le secteur.  Avec pour autre objectif de faire passer la part du secteur agricole dans le PIB de 5 à 20 % tout en réduisant de 50%  les importations des produits agricoles.

 

 Graine envisageait, pour ce faire, une mise en exploitation de plus de deux mille hectares sur cinq ans avec un tracé de 3 mille kilomètres de pistes d’accès aux plantations. Quelques 1600 villages devaient en outre être intégrés au plan d’infrastructures de  base.   Bref sur le papier, le projet essentiellement piloté par la multinationale Olam faisait rêver.

 

 Seulement six ans après, les populations se rendent comptent que le projet s’avère être un fiasco. Pour preuve, au moment où le pays traverse  une véritable crise due à l’absence de denrées alimentaires  ( bananes, avocats, tomates, oignons…) sur les marchés, la production locale promise dans le cadre de Graine n’est pas en même de prendre le relais. Après une assemblée générale organisée le 25 janvier dernier,  les grossistes fournisseurs des marchés de la capitale en denrées alimentaires, ont   décidé d’entrer en grève pour dénoncer la parafiscalité sur nos routes.

 

 D’Eboro à la frontière Cameroun-Gabon à la capitale Libreville, l’on dénombre plus de 26 postes de contrôle, souligne nos confrères de l’Union dans une investigation menée à ce sujet. S’en est trop, les grossistes  viennent de décider de tout arrêter.  Conséquence, les marchés de la capitale sont totalement vides à telle enseigne que les prix de la banane, de l’avocat et autres produits explosent.  Un régime de quelques doigts  de bananes est passé de 3 à 5 mille Fcfa.  Le tas de banane qui était à mille Fcfa est passé à deux mille.  Là encore c’est  pour les plus chanceux, dans certains commerces c’est la rupture.  Le bâton de manioc est lui désormais à 350 Fcfa. L’oignon,  a quant à lui,  presque disparu des étales.  

 

La ruée vers le pain, le riz et les surgelés

 

Les populations totalement désemparées n’ont plus d’autres alternatives que de consommer les produits surgelés  accompagnés de pain, du riz ou de couscous.  Devant une situation aussi grave les autorités concernées par ce problème  sont aux abonnés absents. Le ministre de l’Agriculture,  Biendi Maganga Moussavou semble être plus préoccupé à lancer  un recensement des agriculteurs dont on s’interroge sur la pertinence que de trouver des solutions immédiates à  cette crise. Ne parlons  pas du groupe  Olam, dirigé par  Gagan Gupta, incapable de donner la moindre explication sur les conditions d’échec de cet important projet que fut Graine.

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