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(Politique) Noël Bertrand Boundzanga : « C’est une naïveté politique de croire que le régime peut accepter une transition »

par BITOLI Valérie - 12 Oct 2020, 16:18 691 Vues 0 Commentaires
IMG Noël Bertrand Boundzanga, Enseignant-Chercheur à l'UOB.

Enseignant-Chercheur à l’Université Omar Bongo et auteur de l’essai Gabon : une démocratie meurtrière, le Pr Noël Bertrand Boundzanga est l’un des rares intellectuels gabonais qui ose dénoncer la patrimonialisation de l’Etat, la gestion chaotique du pays et exiger, aujourd’hui, la vacance du pouvoir eu égard à l’état de santé d’Ali Bongo Ondimba.

 

Le samedi 03 octobre dernier, il était l’invité du journaliste Ferdinand Demba sur le plateau Café presse, organisé par l’organisation patronale des médias (Opam).

En tant que membre du Collectif citoyen Appel à Agir, l’Enseignant-Chercheur des Universités n’est pas passé par quatre chemins, pour faire constater le blocage entretenu par les institutions de la République en rapport avec l’appel à la vacance du pouvoir lancé par les Dix membres dudit collectif. Au demeurant, rien de bien surprenant pour le collectif qui ne s’attendait pas une réponse positive des institutions. Pour lui, cet appel s’adresse surtout à l’ensemble du peuple gabonais qui a tout intérêt à défendre « notre Etat, pour autant qu’il en existe ». Noël Bertrand Boundzanga se satisfait dès lors que cet appel a au moins eu le mérite de susciter d’autres actions allant dans le même sens, mais portées par d’autres entités à l’exemple de Dynamique unitaire ou de l’activiste Privat Ngomo.

 

Pourquoi n’y a-t-il pas une synergie d’actions pour la vacance du  pouvoir ?

 

Noël Bertrand Boundzanga regrette que, dans la société civile et dans l’opposition, il n’y ait pas eu, jusqu’à ce jour, une dynamique d’ensemble. Même s’il rappelle qu’il y a eu une démarche du Collectif vers l’ensemble des leaders politiques de l’Opposition. Cette absence de cohésion serait-elle la manifestation d’une divergence de points de vue entre les politiques et la société civile ? Si, au Burkina Faso et, dans une moindre mesure, au Mali, il y a eu une synergie, pour faire tomber les régimes en place, le membre d’Appel à Agir indique que les mentalités, l’histoire et la configuration ne sont pas les mêmes au Gabon. « Est-ce lié aux figures qui incarnent ce combat ? Je n’en sais rien. Mais toujours est-il qu’il y a un échec de l’idéal révolutionnaire ». Pour lui, le fait que les figures, qui incarnent, aujourd’hui, l’opposition, soient celles qui ont été aux affaires dans le régime de Bongo Ondimba père, participe aussi de cette déception, voire de cette sorte de premier brouillage avec le peuple.

 

Un autre indicateur du maintien du régime en place serait, d’après lui, le fait que l’armée non-républicaine soit, suffisamment, armée, pour contrecarrer toutes les projections ou scénarios politiques allant dans le sens de l’alternance démocratique. Dès lors, comment faire ? Pour le Professeur des Universités, il faut que les entités, qui veulent l’alternance, soient plus intelligentes que le régime en place. « Il ne faut pas focaliser l’attention sur les moyens financiers, au risque de fixer l’attention seulement sur les personnes qui ont de l’argent et non sur celles à même de mener le combat », note-t-il.

 

La transition ? Elle est pour lui, une position sympathique, mais pas réaliste : « Pour imposer une transition au régime en place, il faut un rapport de force. C’est une naïveté politique de croire que le régime peut accepter une transition ».

 

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