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Rachat de la Bicig : Une transaction pas très claire ?

par BITOLI Valérie - 08 Apr 2020, 13:30 321 Vues 0 Commentaires
IMG La Bicig secouée par un rachat aux contours obscurs.

Après le retrait de BNP-Paris de l’actionnariat de la Bicig, plusieurs doutes entourent les circonstances et l’identité du réel repreneur.

Libreville, le 05 avril 2020.  Le ministère de l’Economie fait parvenir un communiqué à la presse informant de la finalisation du processus d’acquisition de blocs d’actions détenues par le Groupe BNP-Paribas au sein de la Bicig. Les autorités gabonaises indiquent en outre que l’acquisition de ces actions à hauteur de 47, 04 % par le  Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS)  marque le départ de l’actionnaire stratégique qu’a été BNP-Paribas.

 

En apparence, rien de louche dans cette opération. Ce,  jusqu’au lundi 06 avril. Quand dans sa parution de la semaine, le journal satirique La Une  révèle la supercherie qui entoure cette affaire.  Le journal fait savoir qu’à la vérité les actions du groupe bancaire français viennent d’être reprises non par le FGIS mais par un groupe marocain. L’hebdomadaire  souligne que le rachat ne s’est pas fait directement mais plutôt via le groupe ivoirien  Banque Atlantique, une filiale du groupe Banque centrale populaire (BCP) du Maroc.

 

Cette révélation choque l’opinion gabonaise qui désormais crie à la perte progressive de la souveraineté du pays au profit du  Royaume Chérifien. Le pays du Roi Mohammed VI est déjà actionnaire majoritaire de Gabon Télécom et du groupe bancaire Attijariwafa Bank. 

 

Le gouvernement n’apporte aucun démenti à ces informations.  Bien au contraire jette plus de floue en annonçant la nomination  à la tête de la Bicig  de l’ivoirien Ben Sammari en qualité d’administrateur directeur général de l’établissement financier.  Ce qui fait réagir Jean Valentin  Leyama. L’ancien directeur de cabinet adjoint d’Ali Bongo, par ailleurs enseignant en sciences de gestion, s’insurge contre le fait que le Gabon ait recours à une expertise étrangère alors qu’en matière de banque, le pays dispose d’experts de haut niveau.   Une nouvelle preuve que le Gabon n’est véritablement pas le maître dans ce rachat. 

 

Une source proche du dossier soulève plus d’interrogations : « Le FGIS, à l'image de l'État, est à l'agonie financièrement. Ils ont été incapables d'obtenir un prêt à Orabank. Où alors ont-il trouvé les 30 milliards qui leur ont prétendument permis d'acheter les parts de BNP ? On parle de négociation entre le FGIS et un potentiel partenaire africain. Dans quel intérêt le FGIS va revendre précipitamment une banque saine et solvable qu'il vient de racheter ? Le fait de désigner un Ivoirien qui n'est certainement pas un super génie en ingénierie bancaire comme DG ajoute à la suspicion ».  Preuve qu’il y a un gros lièvre dans l'affaire.

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