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Politique

Situation chaotique du pays: Gabon, écoutes-tu la voix de ton église ?

par BITOLI Valérie - 11 Dec 2019, 10:42 151 Vues 0 Commentaires
IMG L' église catholique s'élève contre les dérives.

Au regard du délitement politique et social, le prélat se fait entendre. Deux figures importantes de l’Eglise catholique gabonaise viennent de pondre des déclarations.

Jamais de mémoire de Gabonais, des hauts responsables de l’Eglise catholique, dans ce pays, n’avaient osé prendre ouvertement la parole sur la place  publique pour soit, dénoncer les dérives du régime Bongo/PDG, soit pour ouvertement en appeler à la démission d’un régime qui a failli. Pourtant, à quelques jours de la célébration dans le monde de la fête de nativité (le 25 décembre), les hommes de l’église prennent leurs responsabilités. Le premier message du cœur est celui de l’évêque de Mouila et par ailleurs président de la conférence Episcopale du Gabon, Mathieu Madega Lebouakehan. Le 23 novembre dernier, cette voix importante de l’église va appeler les enfants du Gabon à tout mettre en œuvre, pour préserver la Patrie de toute velléité de déchirure, de séparation ou de fracture de son territoire.

 

Pour Mgr Mathieu Madega Lebouakehan, la population gabonaise exprime, par son silence mystérieux, son accablante et asphyxiante misère, son désarroi face à un horizon devenant davantage imperceptible et un avenir de plus en plus incertain. Une population, poursuit Mgr Madega Lebouakehan, qui peine à voir les résultats palpables de l’endettement de son Etat, alors que ce même Etat lui demande de faire des efforts herculéens. Dès lors, l’évêque de Mouila se demande si ce n’est pas là une manière mathématique de programmer la misère de la population et de rendre la masse esclave d’un nouveau type d’oligarchie.

 

Une question profonde à laquelle a répondu sans doute, Mgr Jean-Bernard Asseko Mve. Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, le dimanche, 08 décembre dernier, l’ancien vicaire général du diocèse d’Oyem ne prend pas de raccourcis, pour demander aux tenants du pouvoir de démissionner de leurs charges. Car, pour lui, ceux qui tiennent les rênes du pays n’agissent plus dans le sens du bien commun : « En tant qu’acteur social, je suis en train d’écrire une lettre, des lettres individuelles, à vous envoyer de façon individuelle, à mon frère Ali Bongo Ondimba, Chef de l’Etat, s’il vit, si tu vis, au Premier ministre, à Mme la Présidente de la Cour constitutionnelle, à M. le Président de l’Assemblée nationale, à Mme la Présidente du Sénat, pour vous aider à démissionner de vos charges. Par amour pour le Gabon que vous n’arrivez plus à diriger. Ça arrive. C’est ce qu’on appelle en économie la ‘’sclérose’’. C’est-à-dire qu’à un certain moment donné, on croit faire bien, alors que le temps ne nous appartient pas, et il prouve plutôt le contraire. Les Gabonais ne vous sentent plus intervenir en leur faveur. Moi, je ne vous sens pas intervenir en ma faveur, ni en faveur des pauvres Gabonais que je côtoie tous les jours. »

Les propos de Mgr Jean-Bernard Asseko Mve sont profonds. L’homme de Dieu va plus loin en indiquant que la démission serait une façon honorifique et élogieuse de rendre le tablier à Dieu, pour qu’il trouve des personnes plus aptes à conduire ce peuple-là, qui mérite d’avoir des dirigeants qui pensent à lui. Gabon, écoutes-tu la voix de ton église ?

 

 

 

 

 

 

 

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