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Politique

SOS Prisonniers Gabon pour l'indépendance de la justice : Compte-rendu de l'audience de Brice Laccruche Alihanga à la Cour d’Appel ce 11 mai 2021

IMG Brice Laccruche Alihanga détenu à la prison centrale de Libreville.

La célérité avec laquelle l'affaire de Brice Laccruche Alihanga a été enrôlée ce jour à l'audience correctionnelle de la Cour d'appel judiciaire de Libreville va sans doute rester dans les annales du Palais de Justice de Libreville.

 

En effet, les avocats de Brice Laccruche Alihanga (BLA) ont interjeté appel le 4 mai dernier… et comme par extraordinaire le 11 mai 2021, l’affaire est appelée devant la Cour d'appel.

 

Après l'ouverture de l’audience par Madame la Première Présidente de la Cour d'appel, Me Moumbembé, l'un des avocats de BLA, n’a pas laissé de temps mort à la Cour: aussitôt il charge "Madame la Présidente, c'est une audience publique ou à huis clos ? Pourquoi les agents empêchent le public d'entrer? En plus, la salle ressemble à une Cour martiale, il y a une forte présence militaire, des agents armés et encagoulés dans la salle d'audience. Qu'est-ce qui se passe ?" interroge Me Moumbembé.

 

Les agents encagoulés vont alors quitter la salle d'audience.

Madame la Présidente rappelle à l'avocat que "pour raison de lutte contre la Covid-19, l’accès à la salle d'audience est limité..."

 

La sérénité semble être revenue à l'audience. Me Iréné Mezui Mba dépose sa lettre de constitution et celle de son confrère du barreau français. Il va par la suite demander le renvoi de l'audience afin d'avoir accès au dossier de son client et mieux préparer sa défense.

 

Commence alors le débat, sur le renvoi. La Cour semble s'opposer à un renvoi. Mais Me Anges Kevin Nzigou affirme que c'est seulement hier (lundi 10 mai) qu'il a reçu la notification de l’audience, et que même son client BLA n'était pas informé. BLA va confirmer les propos de son avocat, en disant: "c'est seulement aujourd'hui à 9h que j'ai appris que je devais être jugé... "

Le Ministère Public, représenté par Madame la Procureure de la Cour d'Appel, dit alors "Mme la Présidente, il vous appartient de tirer les conséquences de ce qui a été dit ... "

 

La Cour décide alors de renvoyer l'affaire au vendredi 14 mai. Mais cela ne passe pas chez Me Anges Kevin Nzigou. Il dit à la Cour que le 14 mai est dans 3 jours, donc que le délai est toujours trop court.

 

Me Moumbembé va faire lecture de l'article 418 du Code de Procédure Pénale, qui prévoit au moins 8 jours entre la notification de la date d'audience et la comparution devant le tribunal. Il demande alors à la Cour de respecter le délai prévu par la loi, afin de respecter les droits de la défense. Jean Paul Moumbembé va ajouter en disant "BLA, quand il était Directeur de Cabinet du Président de la République, nous étions tous sous ses ordres et au garde à vous, il faut le respecter. Regardez comment mon client est habillé avec son costume col mao mais froissé, il n'a pas eu le temps de repasser. Parce qu’il était vite conduit au tribunal..."

Le Ministère Public, qui est la partie poursuivant BLA, ne s'oppose pas au renvoi et demande à la Cour d'appliquer la loi.

 

L'audience est suspendue, la Cour se retire.

Les mauvaises langues commencent à dire que "la juge serait partie lancer un coup de fil pour demander si elle peut renvoyer l'affaire..."

 

Mais 7 minutes après, la Cour refait surface. Mme la Présidente arrive avec un calendrier en main. (Elle est sûrement partie vérifier le calendrier des audiences).

Elle renvoie finalement l’affaire au 15 juin prochain. Toutes les parties sont satisfaites du renvoi...

 

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