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Société

Tribune libre : Brice Ndong « J’en appelle a la libération des leaders Communautaires. Réglons cette crise sociale en toute responsabilité »

IMG Les populations de Mékambo lors du mouvement de protestation.

(*) Par Brice Ndong

 

On ne peut pas régler le conflit homme-éléphant en arrêtant les hommes. Ce n’est pas responsable.

 

Je dois dire clairement que je ne suis pas d’accord que l’autorité de l’Etat soit bafouée quelques soient nos divergences politiques. Les responsables administratifs du département de la Zadié doivent être respectés à charge pour eux d’avoir un sens aigu de l’organisation et ainsi apprendre à prendre de bonnes décisions. Il faut écouter les cris des populations de Mékambo.

 

Reconnaissons que les évènements du mercredi 26 mai à Mekambo (Ogooué Ivindo) sont l’expression d’un ras-le-bol des populations qui n’en peuvent plus avec les éléphants. Les conflits homme-faune sont récurrents dans ces localités au péril des communautés rurales, particulièrement des agriculteurs. 

 

Cette difficile cohabitation avec les pachydermes cause de nombreux dégâts dans les populations, qui sont très souvent ravagés occasionnant ainsi des pertes de production et par conséquent ces gens n’ont plus rien à manger.

 

Cela fait longtemps que ces populations attirent l’attention des autorités sans être entendues. Dans de nombreux reportages la presse en parle. Le mépris et le manque de considération n’aboutissent qu’à des confrontations et à des situations de violences. Sans pour autant occulter le fait des rivalités politiques, c’est d’abord ce conflit homme-faune qui est la raison première de ces débordements de Mekambo.

 

Face à cette situation que doit faire le gouvernement ?

 

Plutôt que de se lancer dans une sorte de chasse aux sorcières contre les leaders communautaires, il est impérieux et cette crise nous en donne l’occasion justement, de trouver des solutions durables aux problèmes des éléphants, assurer la sécurité alimentaire des communautés et améliorer leurs conditions de vie sans pour autant compromettre les efforts de conservation de la biodiversité engagés dans notre pays.

 

En conséquence de cela, j’ai quelques questions à poser au gouvernement gabonais : Je me souviens que depuis 2013, les Nations-Unie à travers la FAO ont développé des outils d’atténuation des conflits Homme-Faune, notamment grâce à une approche de prévention auprès des communautés.

 

 Ces outils qui concernaient toutes l’Afrique Centrale et pas seulement le Gabon impliquaient les Communautés dans la gestion des conflits Homme-Faune parce qu’elles sont les principales victimes affectées par ce phénomène. Où en est-on avec ces outils de lutte ?

 

En 2016, la FAO a même réalisé tout un ouvrage sur « la Gestion de Conflits Homme-Faune : Guide pour la formulation des Plans Communautaires ». Il s’agit d’un outil de facilitation pour accompagner les communautés à choisir, en fonction de leurs capacités matérielles, financières et humaines, des actions pertinentes pour l’atténuation des conflits homme-faune dans leur environnement.

 

Plus de 5 ans après, le gouvernement gabonais doit être capable de dire comment il a accompagné les populations de Mekambo matériellement et financièrement afin d’atténuer ces conflits. Qu’en est-il des fameux plans d’actions communautaires ? C’est de cela qu’il s’agit. Ces questions s’adressent aussi bien aux dirigeants gabonais qu’à leurs partenaires  du Bureau Sous-Régional de la FAO.

Tout ce beau monde doit s’exprimer à la suite des évènements de Mekambo pour nous faire le bilan de cette approche participative dans l’atténuation du conflit Homme-Faune à Mekambo.

 

A la suite des incidents de Mékambo que des leaders communautaires et des personnalités administratives ont été arrêtés. On cite notamment le président du Conseil départemental, le maire de la commune de Mékambo, le secrétaire général du Collectif des manifestants, le président du même collectif, son épouse, son fils et deux membres de sa fratrie. Les arrestations ont été élargies à certains meneurs identifiés.  

 

Mais, la solution n’est pas d’arrêter les manifestants et j’en appelle ici à leur LIBERATION IMMEDIATE.

 

Un bon dirigeant c’est celui qui sait prendre de bonnes décisions au bon moment. On ne peut pas régler le conflit homme-éléphant en arrêtant les hommes. Ce n’est pas responsable.

 

Toutefois, au terme de l’enquête annoncée par le gouvernement, s’il se trouve parmi les personnes interpellées des auteurs reconnus coupables des actes de défiance contre l’autorité de l’Etat et qui sont contraires aux revendications des   populations, que la Justice fasse son travail. Je ne suis pas subversif !

A bon entendeur, salut !

 

(*) Journaliste Citoyen

 

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