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Politique

(Tribune libre) : « Demain, nous allons célébrer des mariages gays dans un pays où les gens sont majoritairement opposés à la pratique… »

par BITOLI Valérie - 26 Jun 2020, 09:58 230 Vues 0 Commentaires
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Ouvrir la route à une dépénalisation de l’homosexualité reviendrait dans les années à venir à se poser la question du mariage gay. Pour le journaliste de formation, Hyacinthe Mba Allogho, la liberté n’autorise pas tout. Lecture.

(*) Par Hyacinthe Mba Allogho

 

Commençons par le commencement. Je me fiche des déviances, plaisirs et immoralités personnels. Je m’en fiche tant que cela ne me touche ni ne me gêne. Que quelqu’un décide délibérément de rouler à contre sens d’une autoroute ne m’embête guère, tant qu’il ne se retrouve pas devant le capot de ma voiture pour l’exploser,  m’exploser ou exploser un des miens. Je m’en fiche. C’est son choix de mettre sa vie en danger. Il n’a en revanche aucun droit de le faire pour la mienne. Je n’ai donc objectivement absolument rien contre les libertés individuelles tant qu’elles ne me heurtent pas. Et elles ne devraient le faire ni directement, ni par ricochet. Parce que nous vivons dans une société et comme on le dit, “nos libertés commencent là où s’arrêtent celles des autres“ ; parce que, ce que nous avons le droit de faire et ce qui est interdit sont dictés par des règles communes que nous puisons dans la morale qui est elle-même dicte l’harmonie et plus loin, la conservation et la perpétuation du groupe en plus de devoir conserver ce que nos ancêtres ont toujours fait de bien, qui a engendré le groupe auquel nous appartenons et qui fait notre identité, notre particularité, notre patrimoine commun, notre NOUS.

 

Par conséquent, j’aurais pu me fiche de cette loi sur la dépénalisation de l’homosexualité si elle ne me heurtait pas. Elle le fait malheureusement. Elle détruit les valeurs sociales qui sont les miennes en ce qu’elle me semble être une grave déviance que l’on veut m’imposer. Elle me heurte parce que j’ai des enfants à éduquer et à qui je dois apprendre qu’un rapport sexuel n’est pas la simple satisfaction bestiale de la libido. Que même les animaux ont compris que l’agréable n’en est qu’un artifice à côté de l’indispensable et vitale régénération de l’espèce. Elle me heurte parce qu’elle donne à la Vie, à la responsabilité de donner la vie ensemble, au plaisir d’être parent par amour de sa partenaire et par besoin de régénération, la même valeur qu’une course au supermarché avec la PMA ou  l’adoption d’un enfant qui ne porte aucun gène d’au moins un de ses parents. Cette loi consiste à dire aux aveugles qu’ils peuvent conduire. Comment nous y prendrons-nous demain pour leur refuser l’accès au permis de conduire ? C’est en cela qu’elle est dangereuse pour notre société qui a ses repères et des valeurs. Nous avons commencé par dire que ce n’est plus puni. Demain, nous allons célébrer des mariages gays dans un pays où les gens sont majoritairement opposés à la pratique. Et nos dirigeants et Officiers d’Etat-Civil qui dansent joyeusement sur des cantiques dans les Eglises, s’appuyant sur les convictions religieuses qu’ils clament publiquement, devraient se souvenir que le fondement religieux de l’union publique entre deux êtres est prioritairement la procréation.

 

J’entends dire par ailleurs qu’il faut laisser les gens vivre librement leurs différences. Je réponds que nous sommes dans une République et que toutes les différences devraient alors être traitées de manière équitable par le fait de l’équidistance reconnue à tous devant la loi.

Dépénaliser l’homosexualité sans le faire pour la prostitution est particulièrement injuste. Accepter l’homosexualité sous le seul prétexte de la différence à accepter, c’est super bien. Mais la liste de nos différents est très longue. Que direz-vous aux pédophiles qui assoupissent leur perversion sur des enfants ? Ne serons-nous pas contraints, au nom de cette différence et comme les autres de qui nous importons cette abjecte immoralité, de rabaisser l’âge des rapports sexuels consentis à 13 ans ? Les fumeurs de cannabis et les autres qui se shootent à l’héroïne sont différents, au nom de quoi devons-nous continuer à les emprisonner ? Dépénalisons aussi l’utilisation personnelle en attendant de le faire pour la commercialisation, comme eux.  Ils mettraient la société en danger de stabilité et de paix ? Il y a un autre danger encore plus pernicieux, celui de l’immoralité et de la souillure érigée en manière de vivre par des gens qui ont oublié que demain existe et que ce demain, ce sont leurs enfants et petits-enfants qui vont le subir.

 

Je suis pourtant sûr que tous ceux qui se sont précipités pour violemment enfoncer ce coin dans notre bloc social savent tout cela. Leur obstination à le faire ne peut de ce fait s’expliquer que par des raisons cachées. Il faut paraître bien aux yeux des autres pour continuer à exister. Il faut tourner le dos aux volontés d’une population qui compte depuis longtemps pour des prunes, avec pour objectif de se faire accepter dans le club de plus en plus réduit des bénéficiaires de l’aide internationale, surtout quand on n’en remplit pas totalement les critères. Clairement, nous sommes dans une situation financière difficile que nous avons créée nous-mêmes, qui ne devrait pas exister. Il nous faut pourtant continuer à assumer nos lourdes et incompressibles charges alors que nous manquons de moyens par mauvaise gestion et par des vols. Il nous faut du “blé“ frais en urgence, quitte pour cela à nous prostituer et à effectuer des rétropédalages que ni le tems, ni les circonstances nouvelles et connues n’expliquent. C’est ce que nous appelons mensongèrement l’évolution des mentalités chez nous.

 

Une horde de ces intellectuels par mimétisme viendra certainement faire la leçon.

Moi, je me soucie de la meilleure manière de faire avancer MA société qui n’est la copie de celle de personne. Elle ne réagit comme aucune autre devant les mêmes situations. Parce qu’elle n’en a ni les fondements, ni la structure, ni les ambitions ni les projets d’évolution. J’estime de ce fait que quand il s’agit de chambouler son être profond, son avis doit être demandé plutôt que lui imposer une orientation. Encore moins par des gens qui n’ont aucune légitimité populaire pour le faire, par un pouvoir à travers lequel elle ne se reconnaît pas. On aurait organisé une consultation populaire pour qu’elle dépénalise l’homosexualité, une majorité aurait dit oui que je n’aurais absolument rien trouvé à redire. La manière de faire, de passer en force me fait peur. Ca, plus les autres faits graves connus avant, plus le besoin d’argent qui va en augmentant, plus la trouille de la pression populaire qui pourrait être la conséquence, me fait penser qu’un jour, nous allons nous retrouver avec un pays totalement vendu. Il y aura encore et toujours des intellos de l’intérieur pour dire que c’est bien. Simplement pour y trouver un avantage personnel. Les actes de ceux-là devraient aussi être dépénalisés avant que ça ne change.

 

(*) journaliste

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