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Politique

(Tribune libre) Gabonais, apprenons à jouer aux échecs !

par BITOLI Valérie - 03 Jul 2020, 09:50 239 Vues 0 Commentaires
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« Comment les parlementaires de l'opposition n'ont-ils pas pu remettre sur la table cet article 267 qui ouvre , sans le nommer, un boulevard à Noureddine et confie la direction du pays à la légion étrangère ? » S’interroge François Ondo Edou. Lecture

(*) Par François Ondo Edou

 

La politique est un jeu d'échecs, me rappelait opportunément un ami avec lequel je discutais il y a quelques jours. Nous débattions de la dépénalisation de l'homosexualité. Aux échecs, disions-nous, la pièce à surveiller à l'oeil est dénommée "le fou". C'est un trompe-l'oeil qui fixe l'attention, ouvre de fausses pistes à l'adversaire, pendant que son détenteur nourrit d'autres calculs et avance prudemment sa pièce-maîtresse, le "roi".

C'est donc le "fou" qui ouvre le chemin de la victoire au "roi" qui se tient en embuscade. Ainsi placé, il prépare des stratégies qui lui permettent d'atteindre un, voire plusieurs objectifs à la fois.

 

Sur l'échiquier politique, c'est exactement le même schéma. Celui qui a l'habilité ou l'intelligence de tromper la vigilance de son adversaire l'emporte.

Coup de chapeau à Julien Nkoghe Bekale qui a  su imposer, à la représentation nationale, un rythme extrêmement rapide,  l'empêchant ainsi de chercher le diable dans les détails de la loi ! Et ce diable se cache bien dans l'article 267 depuis la dernière révision du code pénal :

" Quiconque, sans droit ni titre, sans qualité à agir, a, par quelque moyen que ce soit, remis en cause la filiation légitime naturelle ou adoptive d'autrui, en dehors des cas où le père légitime a, avant sa mort, engagé une action en désaveu de paternité, est puni d'un emprisonnement de 5 ans au plus et d'une amende de 10 millions de francs au plus ou de l'une de ces peines seulement."

 

 Bien des  parlementaires, y compris ceux de sa majorité, auraient pu saisir l'occasion de cette révision du code pénal pour rouvrir le débat sur cet article 267 qui ouvre manifestement la voie  à une succession de type dynastique.  Mais le moment choisi pour envoyer le texte au parlement, à quelques jours de la fin de la session, relève, lui aussi, de la stratégie.

 

Comment les parlementaires de l'opposition n'ont-ils pas pu remettre sur la table cet article 267 qui ouvre , sans le nommer, un boulevard à Noureddine et confie la direction du pays à la légion étrangère ? Un autre Luc Bengono Nsi ne pourra plus se lever le moment venu et se mettre à fouiller l'histoire des candidats, celle de leurs ascendants et les documents y afférents.

 

Nkoghe Bekale nous a tellement distraits que le pouvoir émergent a pu réaliser un coup triple : donner suite aux injonctions des lobbies homosexuels, disséminés dans les organisations internationales auprès desquels nos autorités sollicitent des aides financières. Leur apporter des gages et garder intact  l'article 267 avec lequel certains parlementaires -  frondeurs émergents  et opposants - auraient pu alimenter les réseaux sociaux et dévoiler un peu plus le projet de succession en cours.

 

Avis au peuple gabonais, pour qu'il s'exerce désormais au jeu d'échecs !

 

 (*) Journaliste, homme politique, membre de l’Opposition.

 

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