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(Tribune libre) L'idiotie n'a pas d'ethnie…

par BITOLI Valérie - 25 May 2020, 11:43 489 Vues 1 Commentaires
IMG Hubert Oboulougou, ancien Administrateur Directeur Général de la société gabonaise de Factoring, filiale du groupe B.G.D

Hubert Oboulougou, ancien administrateur de banque, Téké, originaire de la province du Haut-Ogooué, appelle à la fin du débat ethnique en lien avec la gestion du pays.

Je suis Téké de Bongoville. Je pourfends ce pouvoir depuis quelques années aussi bien sur la toile que dans les journaux.

 

Les maux que nous vivons n'ont pas d'ethnie. Et, pourtant j'aurais été de ceux ne devant jamais critiquer ce pouvoir pour chercher à me caser confortablement. Ali Bongo et ses proches me connaissent personnellement.

 

La lumière qui luit dans mon esprit refuse de me mettre du côté d'une mauvaise gouvernance du pays. L'ethnie n'a donc pas sa place ici. Le mal est général.

 

Quand un gendarme, un instituteur, un infirmier, ... d'ethnie téké est affecté à Moulingui-Bindza, à Minvoul, à Mayumba, à Mimongo, à Onga ou Malinga, il vivra les affres du sous-développement de ce coin avec sa famille. On ne peut donc soutenir un régime bouffon, incapable d'impulser le moindre développement, pilleur de deniers publics, cruel au seul motif qu'il est aux mains de nos proches.

 

Pendant ce temps, il y a bien des fangs, des nzébi, des téké aussi, des obambas, des punus etc qui prennent part à ce chaos sans mot dire. Les militaires qui espionnent les fils téké ou obamba devenus critiques du pouvoir dans les services de renseignement sont souvent leurs proches. Ils participent aux assassinats par empoisonnement, se muent en brigands pour refroidir les leurs sans pitié. Ils soutiennent les poutres d'une maison maudite, un pouvoir buté, envoûté dans la négation du bien pour tous.

 

L'idiotie n'a pas d'ethnie. Elle n'habite pas les hommes de par leurs langues ou leurs lieux d'origine.

 

Soulever un débat pour nourrir un repli identitaire fang ou autre est justement faire le jeu du pouvoir visant à le pérenniser. Ne nous laissons pas distraire. Le pays est si mal dirigé. Celui qui a été investi comme président est amoindri par la maladie et aurait gagné à se retirer. On le force à trainer son corps avec difficulté pour manoeuvrer un pays qu'il n'a pu bien gouverner quand il avait toutes ses facultés. Notre combat, c'est bien celui-là.

 

La liste des gabonais à refroidir avant l'élection 2023 présidentielle de 2023, pour ne pas gêner le plan de succession en cours, ne comporte pas que des noms des seuls fangs ou des myénes. De nombreux téké y sont. Le mien d'ailleurs aussi, comme me le révélait un vieux récemment à Bongoville en présence de quelques membres de ma famille, à cause de mes posts critiques sur Facebook.

 

Quand je critiquais ce régime, mes cadets Brice Laccruche Alihanga, Justin Ndoudangoye, Tony Ondo Mba, Réné Allogho Akué, etc roulaient les mécaniques pour ce pouvoir. Jurent-ils encore pour le défendre du fonds de leurs cellules ou leurs proches ? "L'eau fait la joie du poisson mais, on le bouillit dedans". Ne regrettent-ils pas d'avoir soutenu ce pouvoir au moment où il chancelait ? N'ont-ils pas agi pour éviter une vacance du pouvoir qui aurait pu libérer le pays dans l'intérêt de tous ? Ils paient aujourd'hui le chant de tam-tam égoïste qu'ils ont préféré danser, au lieu de se plier à la volonté populaire, maintes fois exprimée qui retentissait de partout.

 

Ne nous trompons donc pas de combat. Ceux qui soutiennent encore ce régime attendent que ce mal se retourne aussi contre eux, pour qu'ils en prennent conscience. Les gabonais ont conçu une bête sans tête, ni loi, ni foi, devenue hors de tout contrôle. Il n'y a pas dans ce régime une once de bien. Tout est mensonge, méchanceté, violence, perversion, crimes financiers et de sang, viol, privation de liberté, voyeurisme, distraction, chantages, orgies sexuelles, malheur, cochonnerie, etc.

 

Quand un pouvoir donné pour conduire un peuple vers un développement ne développe rien, sa raison d'être s'estompe. Tous les gestionnaires de ce pouvoir ayant failli, il faut les débarrasser du plancher pour en mettre d'autres. On ne peut les maintenir pour juste les contenter, même au nom d'une supposée consanguinité.

 

On ne peut penser que l'excellence est fang et la bêtise bilob. Quand un fang pose un acte blâmable, il n'y a pas de solidarité ethnique qui tienne. Ne pas le condamner au nom de l'appartenance ethnique est tout simplement un embrigadement moral. Nous parlons du Gabon qui est un bien commun. Allons-y ensemble pour relever le défi de la construction de notre pays. Tout autre débat n'est que distraction.

 

(*) Ancien administrateur de Banque

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1 Commentaires

Tres bonne analyse mais est ce que le problème du Gabon c'est le chef de l'État tout seul je dirais non !! Plusieurs personne d'entre vous ont été à la tête de certaines sociétés et voir mm PCA des entreprises quel a été le leur rôle pour l'amélioration des conditions de vies des employés. Est le chef de l'État qui devrait venir dicté la conduite a tenir pour la gestion d'une entreprise Faites une introspection de votre passé au sein de la BGD et filiales .


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