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Politique

(Tribune libre) Le PDG, ce parti devient-il un machin ?

par BITOLI Valérie - 05 Aug 2020, 08:00 159 Vues 0 Commentaires
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La question est posée par cet ancien cadre de banques, originaire de la province du Haut-Ogooué, au lendemain des sanctions de plusieurs cadres du parti au pouvoir en lien avec le vote sur la dépénalisation de l’homosexualité. Lecture.

(*)Hubert Oboulougou

 

Le parti laissé par Omar Bongo Ondimba est méconnaissable de nos jours. A son incapacité à impulser des vraies réformes en son sein, à servir aux gabonais une vision claire de développement du pays, s'ajoute désormais des dérives d'un genre nouveau, un jet de crachat public à ceux qui se démènent à le maintenir debout.

 

Il y a lieu de se poser une question. Est-ce le PDG qui a bâti des hommes ou des hommes qui ont fait du PDG ce qu'il a été, est et demeure ? La commission de discipline du PDG vient de répondre. C'est le parti qui a enfanté ses cadres qui ne peuvent avoir de vie en dehors de ce parti.

 

Nous manque-t-il de milliers d'exemples d'anciens pédégistes partis du PDG ? Sont-ils tous au cimetière ? Le parti est bien ce que les hommes en font et non le contraire. La preuve est bien là, les dirigeants actuels du PDG signent progressivement l'acte de décès de ce parti.

 

Dans la vie, il y a des lignes rouges à ne jamais franchir. On a beau avoir un père devenu débile, il ne demeurera pas moins notre père. On ne peut pour autant l'insulter, le dénuder, le renier. Quand un homme perd les barrières morales qui s'imposent à tous comme inviolables, sa dérive ne peut plus surprendre. Ainsi en est il aussi des personnes morales que nous créons. Le PDG marche désormais de la tête.

 

Ce PDG a été copieusement humilié par l'AJEV, sans que ses mêmes responsables actuels n'aient le courage de lever le petit doigt. Ils se terraient comme des moineaux à la vue d'un épervier. L'AJEV est allé jusqu'à imposer l'exclusion au forceps d'un député élu par sa base, Ali Akbar Onanga Y'Obéghé, sans que certains fassent montre de leur courage et lucidité à agir.

 

Le pays est là, bloqué. Rien n'avance comme on l'aurait souhaité. On tourne en rond dans des discours creux que nous savons tous sans lendemain. L'ombre d'une lumière ne sort des esprits de ces responsables du PDG pour dégripper la machine.

 

Ce n'est pas parce que les gens se taisent que ce silence change la réalité que nous avons tous sous les yeux. Le pays va très mal. La faillite de la gestion collective du pays se passe de commentaires. Nul ne l’apprend par cette lecture. La cruelle réalité est là, amplifiée par la peur répandue par la Covid-19.

 

Le PDG se noie dans l'échec patent de la reforme de notre système éducatif, de la santé, de la route, du bon fonctionnement de nos institutions constitutionnelles, des dérives de la justice, des bavures répétées de nos forces de défense et de sécurité, etc. Le chaos est dans tous les aspects du développement du pays mis en lambeaux. Le chômage a atteint un niveau historique. La démission de l'Etat dont les instances sont toutes sous la conduite du parti au pouvoir PDG est cinglante et ahurissante.

 

Aujourd'hui, les victoires du PDG ne sont plus celle du parti en lui même qui a on ne peut plus lamentablement échoué à servir aux gabonais le développement tant promis dans ses campagnes. Ce sont des hommes et des femmes qui par leur aura personnel, se font élire malgré tout et donne leur victoire au parti.

 

Le PDG peut donc soudain oublié cet état de fait et afficher les noms de ceux qui le maintienne debout ainsi par des sanctions qui n'auraient pas dû être exposées ?

 

Si le PDG a été incapable de traiter d'abord en interne la question sur la dépénalisation de l'homosexualité, pourquoi avoir alors porté directement le débat à l'assemblée nationale ?  La devise du parti n'est elle plus " DIALOGUE , TOLÉRANCE et PAIX ?"

 

Il y a des symboles qu'on ne touche pas dans certaines instances. Martin Fidèle Magnaga, Raphaël Mangouala, Idris Ngari, Léonard Andjembé, Julien Nkoghé Békalé, Martin Mabala, Blaise Louembé, Régis Immongault Tatagani, etc sont des figures qui conservent encore l'âme de ce parti.

 

Le PDG mérite de leur présenter des excuses publiques. Ces mêmes dirigeants ne disaient rien aux responsables de l'AJEV qui leur pissaient dessus et n'ont retrouvé la voix que quand ceux-ci ont été mis en prison. La discipline du parti tant vantée avait-elle été mise en veilleuse ?

 

Cette rigueur à géométrie variable est tout simplement ridicule et n'honore pas ceux qui l'agitent. Elle n'aura fait que générer des frustrations inutiles, remuant ainsi le vil sentiment d'ingratitude des tenants actuels du pouvoir qui ne savent pas reconnaitre des bienfaits de ceux qui se sont battus hier en leur faveur.

 

Que nul ne se trompe. Si les humiliés eux-mêmes peuvent se taire pour ne pas inciter le pouvoir à sortir des tiroirs leurs faits d'armes de détournements de deniers publics tenus au chaud, il n'en sera jamais de même de ceux qui sont tapis derrière eux. Les passes d'armes nocturnes ne seront pas à exclure pour certains couards qui, à n'en point douter, attendront le moment opportun pour porter l'estocade à leur tour au pouvoir.

"Quand on laisse l'enclume entre les mains des enfants, ils s'en servent pour casser les noix".

 

N'y a-t-il plus de vrais sages à la tête de ce parti ? Il y a des situations où le silence de ce parti aurait été d'or. On ne jette pas en public la respectabilité, l'aura, l'honneur des pères de famille ainsi pour des situations aussi viles que scandaleuses. On ne souille pas l'image de grandes personnes d'un tel rang dans la société de cette façon.

Bref, sauf si certains fument la moquette avant d'agir. Rien, absolument rien ne peut justifier un tel zèle inutile et dangereux. Le respect des ainés est sacré dans nos us et coutumes.

 

On a laissé rentrer dans la nation la pire abomination de l'homosexualité, place maintenant à l'insulte de nos pères qui nous servent de repères. Où veut-on emmener le peuple gabonais ?

 

(*) Ancien directeur à la Banque Gabonaise de Développement (BGD)

(*) Ancien Administrateur directeur Général, à la Société Gabonaise de Factoring filiale, du groupe B.G.D

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