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Société

(Tribune libre) Quand allons-nous arrêter de sacrifier notre jeunesse ?

par BITOLI Valérie - 06 Jul 2020, 10:02 201 Vues 0 Commentaires
IMG Marcel Libama dans une salle de classe.

Il s’oppose ouvertement à la décision prise par le gouvernement d’organiser seulement le BAC. Dans cette tribune libre, Marcel Libama indique que les moyens financiers et matériels sont disponibles pour que notre pays organise l’ensemble des examens.

(*) Par Marcel Libama

 

Le problème est ailleurs sinon, comment comprendre le choix injuste et injustifié du gouvernement de n'organiser que le BAC alors que nous avons la capacité d'organiser tous les examens ( BAC, BEPEC, CEP, CAP BEP, BETI) ?

 

Nous avons l'un des taux les plus élevés de scolarité en Afrique alors que les pays moins nantis et plus peuplés que nous comme le Congo et le Bénin et bien d'autres vont faire passer à leurs apprenants en plus du BAC, le BEPEC et le CEPE.

Quels sont les moyens dont disposent ces pays que nous n'avons pas pour réduire les examens uniquement au BAC?

Vous n'avez pas honte de voir d'un côté les petits congolais avec leur BEPC et de l'autre les gamins gabonais sans BEPC?

 

Qu'est-ce qui coince le coronavirus est partout ?

 

Pour faire reprendre les cours pour les classes d'examen et organiser les examens (BAC, BEPEC, CEP) nous avons tout : les structures d'accueil grandement libérées par les autres élèves, les moyens pédagogiques et l'argent dans la loi de finances pour examens. La seule chose que le gouvernement a à faire c'est créer un écosystème favorable à cette reprise des cours en raison du Covid-19.

 

Pendant que les lycées seront ouverts pour les classes de terminales qui préparent le BAC, tous les collèges et toutes les écoles primaires seront fermés alors qu'elles peuvent bien accueillir les élèves qui préparent le BEPC et le CEP sans problème grave.

 

Le virus ne circule pas dans toutes les localités du Gabon pareillement, c'est pourquoi il ne faut pas généraliser les mesures. Le problème de surpopulation scolaire ne se pose pas dans les zones rurales, les cours pouvaient bien se poursuivre dans le respect des gestes barrières et autres.

 

Je ne comprends pas toujours le silence des maires et Présidents de Conseils départementaux sur le déconfinement. Ils ne disent rien face aux mesures du gouvernement qui ne sont pas en phase avec les réalités de leurs localités. Pourquoi les élèves de Boumango, Pana, La Lopée, Medouneu, Kango, Omboue, Mabanda, Mbigou… ne peuvent pas reprendre les cours le 20 juillet pour passer leurs examens de CEPE ET BEPC ?

 

Les dispositions prises par le gouvernement dans les lycées pour les terminales peuvent aussi être prises pour les collèges et écoles primaires. Aucun examen n'est Supérieur à un autre; le CAP n'est pas moins important que le BAC.

 

Le ministre de l'Education nationale qui devait être « un passeur » entre les partenaires sociaux et le gouvernement se comporte comme « un pasteur » complètement déconnecté de la réalité de l'école gabonaise. Je vais revenir dans une prochaine tribune sur l'agir du ministre de l'Education qui pour moi n'est pas à la hauteur des enjeux éducatifs de notre pays. Il ne faut pas compter sur lui pour changer l'école son destin à la tête de ce ministère ressemble à celui d'une feuille morte.

 

J'invite les partenaires à faire entendre raison au ministre de l'Education nationale. Nos enfants c'est le Gabon de demain. C'est l'école qui fait la République. Nous pouvons organiser les examens. L'argent des examens est disponible, les enseignants aussi, il ne manque que : l'eau, le savon, les masques, les gels hydro-alcooliques...

 

La prime Covid-19

 

Si la reprise des cours ne concerne que les classes de terminale, il sera logique d'octroyer une prime Covid-19 à ses enseignants. Les enseignants qui sont posés à la maison ne peuvent pas avoir le même salaire le 25 que les collègues qui vont prendre les risques d'aller enseigner dans les conditions de risques de contamination très élevées. Ces enseignants méritent un plus dans leur bulletin de salaire la fin du mois.

 

La crise du coronavirus est aussi la crise de notre système éducatif. Le ministre de l'éducation nationale est très mal placé depuis son joli bureau de Batterie 4 pour apprécier la situation et prendre les bonnes décisions. Il fait du pilotage à vue du mammouth. Il doit écouter les partenaires sociaux s'il veut sortir par la grande porte.

 

Nous sommes pour l'organisation de tous les examens et c'est possible !

 

(*) Enseignant et Syndicaliste. Membre de la société civile.

 

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