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Politique

(Tribune libre) Réveillons-nous, l'élection présidentielle se prépare déjà !

par BITOLI Valérie - 13 Jul 2020, 17:43 467 Vues 1 Commentaires
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Ne pas plonger dans un triomphalisme béat, ranimer une opposition dans le coma, appeler le peuple gabonais à la lucidité, François Ondo Edou tente dans cette tribune libre de sonner le tocsin. Lecture.

(*) Par François Ondo Edou

 

Il y a quelques jours, au Palais Bourbon, pendant la séance de questions au gouvernement, un député français, M. Fuchs, s'adressant à Jean Yves Ledrian,  a posé le problème de l'état de santé d'Ali Bongo. Depuis lors, la toile s'est enflammée. Dans le camp de l'opposition, chacun cherche à  commenter l'événement.  Que de réactions ! Que d'analyses ! Que  d'explications ! Et ceux des  Gabonais  qui souhaitent l'alternance politique jubilent. Masturbation ! Ça s'arrête là. Et on se met à rêver d'un lendemain glorieux, sans effort, sans travail, sans préparation...

 

Une fois de plus, une fois de trop, les Gabonais oublient que la politique est un jeu d'échecs. Qu'il y a toujours  sur l'échiquier un fou du roi sur lequel tous les regards sont  tournés. Le roi, lui, placé en embuscade,  prépare des stratégies porteuses. Dans une analyse devenue virale, il est écrit, noir sur blanc, que la France, par cette question posée au chef de la diplomatie française,  envoie un signal fort au peuple gabonais". Lequel ?

 

L'auteur - anonyme - qui a sans doute reçu mission d'endormir les Patriotes, laisse croire que Paris ne vient que de découvrir ce que  le monde entier sait depuis 18 mois, à savoir qu'Ali Bongo n'est plus en capacité de diriger le pays. Et l'analyste d'ajouter, sans citer aucune source : " la France ne compte pas rouler pour Sylvia Valentin. (...) Oui, la France, cette fois-ci est du côté du peuple gabonais..." Trop gros, trop beau !

 

Ailleurs, le monde politique sans exception et la société civile se seraient appuyés sur cet incident diplomatique pour rebondir, analyser le contexte et arrêter des stratégies. Au Gabon, ça s'arrête aux "likes" et "lives" des internautes qui continuent à dormir sur leurs lauriers. Suffît-il d'affirmer, sans preuve aucune, que Paris a lâché Sylvia Valentin pour que le peuple devienne miraculeusement souverain et choisisse sans ambages son président de la République ? Que non !

 

Avec tout ce que nous observons, des élections présidentielles anticipées sont du domaine du possible.

 

Et c'est sans doute une telle hypothèse que les stratèges du pouvoir émergent préparent en embuscade, pendant que le peuple des suivistes se lance dans des commentaires de l'actualité, en encensant, à qui mieux mieux, le député français.

 

Dans les rangs de l'opposition  que faisons-nous ?

 

 Il est temps de s'organiser et d'arrêter des stratégies porteuses. C'est ce qu'attendent  les centaines de milliers de Gabonais qui, depuis décembre 1993, portent majoritairement leurs voix aux candidats de l'opposition. Sous nos yeux, notre adversaire déroule tranquillement un plan visible à l'œil nu.

 

Je l'ai dit à maintes reprises, le temps de surmonter nos égos surdimensionnés est venu. Mettons toutes les  hypothèses sur la table et analysons-les avec froideur, les unes après les autres. Exemples. Quid du contentieux de 2016 et la sempiternelle revendication de Jean Ping ? Que ferions- nous si la Cour constitutionnelle - c'est prévisible - disait que ce débat est forclos  et demandait au gouvernement d'organiser l'élection présidentielle dans les délais prévus par la Constitution ? C'est maintenant que se préparent les futures échéances.

 

Sans risque de me tromper, je dirai que le  PDG et ses alliés se tiennent prêts.

 

Et pour cause. Aux négociations d'Angondje, ils ont déjà tout balisé : une commission électorale bidon, faite à leur mesure ;  un fichier électoral truffé de doublons et de triplons ; de vraies fausses cartes d'électeurs. Ces électeurs  pourront voter des dizaines de fois le même jour. En effet, on n'a plus besoin d'une carte nationale d'identité  pour accomplir le devoir citoyen. La carte d'électeur suffit. Le verrou de la carte nationale d'identité ou du passeport a sauté à Agondje. Bonjour la fraude !

 

Dans les bureaux de vote,  la répartition des rôles est largement favorable aux scrutateurs de la majorité.  Ceux  de l'opposition ne sont que de simples figurants etc. Il faut nécessairement revoir les règles du jeu démocratique ! La question  doit déjà préoccuper tous ceux qui aspirent à l'alternance démocratique. Il faudra ensuite expliquer les nouveaux enjeux aux Gabonais et les mettre en ordre de bataille. 

Patriotes gabonais, il est temps de passer de l'étape du commentaire à l'élaboration de stratégies et au rassemblement de tous !

 

Un religieux qui se préoccupe de l'avenir de notre pays, Mgr Jean-Bernard Asseko Mvé, vient de faire des propositions précises pour éviter que ce qui s'est toujours passé aux différentes élections présidentielles depuis 1993 ne se reproduise.   Saisissons cette balle au bond, car tout peut aller très rapidement !

 

Réveillons-nous, l'élection présidentielle - anticipée ou celle qui est prévue en 2023 - se prépare déjà !

 

(*) Acteur politique,  Membre de l’opposition.

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1 Commentaires

Laffite - Jul 14, 00:20

Analyse appropriée. J’invite la jeunesse Gabonaise à se réveiller et s’organiser dès maintenant. Prenons nos responsabilités et arrêtons d’être des faire-valoir. La parole de la jeunesse Gabonaise doit être amplifiée par elle-même. ???????? #Gabon #jeunessegabonaise


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