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Politique

UE/Gabon : dialogue de sourds ou dialogue de dupes

par BITOLI Valérie - 04 Feb 2020, 10:48 506 Vues 0 Commentaires
IMG Un dialogue et des compromissions.

La deuxième phase du dialogue intensifié entre le Gabon et l’Union européenne qui débute aujourd’hui est fortement contestée par plusieurs acteurs qui y voient une vaste fumisterie.

L’Union européenne et le Gabon reprennent aujourd’hui  le dialogue intensifié débuté en novembre 2019. Après la première phase des pourparlers qui consistait pour l’essentiel à s’accorder sur les sujets objets des débats, ce deuxième round sera l’occasion pour les experts des différents camps d’aller au fond des contentieux afin d’y dégager des solutions définitives. 

 

Sauf que cette deuxième partie du dialogue comme la première est fortement contestée aussi bien par certains partis politiques de l’opposition que les organisations associatives de la diaspora. Pour marquer leur rejet, un comité  des acteurs de la diaspora conduit  par Michel Ongoundou Loudah et Me Fabien Méré dénonçait, dans un mémorandum déposé au bureau de l’Union européenne à Bruxelles, une mascarade qui ne prend pas en compte les véritables aspirations du peuple.  Notamment les points relatifs aux prisonniers politiques, à la mise en place d’une enquête internationale indépendante devant faire la lumière sur toutes les tueries durant la période post-électorale.

 

Or, lors de la première phase,  les deux parties avaient évoqué les violences post-électorales de 2016 seulement pour convenir de l’importance d’une réparation aux victimes, en vue d’une réconciliation nationale durable. Dans un discours diplomatique très policé, les parties convenaient en outre d’un engagement à œuvrer ensemble, avec les Nations Unies et sur financement de l'Union Européenne, au renforcement des capacités de la Commission Nationale des Droits de l'Homme, des réseaux des organisations de la société civile et du ministère de la Justice pour conduire des enquêtes en cas de violations alléguées des droits de l'homme.  Voilà comment de manière très diplomatique l’UE refermait la page de la crise post-électorale.

 

Les cas des détenus

 

Ce qui bien sûr convenait à Alain Claude Bilié By- Nze, le ministre des Affaires étrangères en plus de souscrire tout sourire à ce point rajoutait sur la question des prisonniers politiques qu’il n’en existait pas au Gabon.  Ce, en dépit du fait  que  les deux parties se sont convenues de l'importance de remédier à la question récurrente des détentions irrégulières, et notamment des détentions préventives au-delà des délais légaux. 

 

Comble du cynisme, pour gagner en temps et se perdre en conjonctures,  le gouvernement gabonais indiquait la mise en place d'une commission technique afin de procéder à un examen approfondi, au cas par cas, des éventuels dossiers de détention irrégulière dont il pourrait être saisi.  Comme si le cas  de Pascal Oyougou (détenu depuis plus de deux ans sans procès) n’est pas assez significatif d’acte de violation des droits de l’homme. Pire, le Gabon au moment où débute cette deuxième phase du dialogue,  est épinglé par la Commission  du Groupe de travail sur le cas de l’ancien ministre Magloire Ngambia. Une détention que cet organisme de l’Union européenne  subit une privation arbitraire de liberté parce que celle-ci ne serait pas conforme à la Déclaration universelle des droits de l’homme ni à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Preuve d’un dialogue de dupes.

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