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Société

Délestages : La Seeg ou la malédiction du monopole

par BITOLI Valérie - 06 Mar 2020, 11:06 199 Vues 0 Commentaires
IMG Une société qui n'est plus à la hauteur des attentes.

La Société d’eau et d’énergie du Gabon fait vivre le calvaire aux populations à travers un plan de délestage visant à améliorer une prétendue qualité de son service.

Les cris du bébé étouffé par la chaleur, les moustiques qui ronronnent à ses  oreilles, les draps trempés par la transpiration, son épouse qui maudit à haute voix la société de distribution de courant, il est plus de 3 heures  du matin quand Jean de Dieu est obligé de quitter le lit à la recherche en pleine obscurité d’une bougie.  Heureusement, elle n’est pas très loin, la fréquence des délestages l’a emmené, par prudence, à la garder à quelques mètres du lit. 

 

Comme plusieurs familles gabonaises, Jean de Dieu et les siens, vivent depuis trois jours au rythme des coupures d'électricité de la Société d’eau et d’énergie du Gabon (Seeg).  A Libreville, les nuits se transforment désormais en enfer, les journées sont aussi épouvantables,   parce que cette société en situation de monopole, a décide d’imposer aux usagers un plan de délestage, conséquence d’après elle, d’importants travaux de renforcement d’électricité.

 

Pour donner l’image d’une société responsable, soucieuse de la gêne qu’elle occasionne, l’entreprise désormais  gérée par Alain Patrick Kouma a bien voulu communiquer un programme des coupures quartier par quartier. Une autre farce de mauvais goût voir une insulte à l’intelligence des consommateurs, s’insurge Jean de Dieu, quand il se rend compte que son quartier (Nzeng-Ayong) bien qu’impacté quotidiennement pas ses coupures ne figure même pas sur la liste. Qui va payer les frais de ces délestages ? Que va-t-on faire des vivres gaspillés ? La Seeg ne répondra jamais à ces questions que se posent de nombreux usagers. 

 

Mais au-delà des questions relatives à la médiocrité de la qualité des services, une interrogation ressurgit : pourquoi le gouvernement refuse de libéraliser le secteur de la distribution de l’eau et de l’électricité ? La réponse n’est pas à rechercher bien loin, il y a trop d’intérêts économiques et financiers derrière le contrôle de cette boîte. Ce qui explique en partie qu’un matin de février 2018, un gouvernement soit disant responsable, ait décidé de résilier le contrat avec le groupe Véolia prétendant à une dégradation continue du service et des actes de pollution.  Plus de deux ans après, non seulement la qualité du service n’a pas été améliorée mais la Seeg ressemble désormais à une épicerie de quartier  qui change  tous les deux mois de dirigeants à la recherche d’une prétendue performance. De Pierre Lasseni Duboze à Alain Patrick Kouma  en passant par Gervais de Souza (pour ne citer que ces trois derniers directeurs généraux), les résultats sont les mêmes : catastrophiques.

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