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Culture

Général d'armée André Eyegue Nzogue : le dernier hommage

par BITOLI Valérie - 28 Sep 2020, 15:23 698 Vues 0 Commentaires
IMG La dépouille du Général exposée à son domicile de Libreville.

Ce grand soldat qui a gravi tous les échelons de la police nationale était aussi un homme de culture. Car, il était guitariste, auteur et compositeur. Le philosophe, le patriarche  a quitté la terre des hommes, le 30 août dernier avant d’être inhumé le week-end qui a suivi dans sa ville natale, Mitzic. Portrait.

 

 

Il fait parti des rares  agents dans les forces de police nationale ayant débuté sa carrière comme soldat sac à dos et, à par la suite fait valoir leurs droits à la retraite, au grade suprême de Général (Gal) d'armée (5 étoiles).  Né le 1er janvier 1936 dans une bourgade appelée Adzap, dans le canton Ellelem, département du Woleu (Woleu Ntem), il est le 4è d'une fratrie de 5 gosses et est baptisé chrétien catholique.

 

Son père, feu Ambroise Eyegue Nzogue Edzoghe l'envoie, avec ses frères et sa sœur à Oyem où résidait son aînée, Marie Gabrielle Mengue Metogho, pour faire leurs études. Mais chez leur tante, chaqu'enfant ne recevait qu'un plat par jour. Vers 18h. Les conditions d’études sont difficiles.

 

L'année suivante, le petit André Eyegue Nzogue rejoint son père à Libreville. Il est inscrit à l'école publique de Glass. Des années plus tard, il revient à Mitzic où il participe au concours d'entrée en 6 ème qu'il va rater. « Notre père était toujours fier de nous rappeler son niveau d'étude, classe de CM2 », témoigne l'un de ses fils désormais  1er adjoint au maire de Mitzic, Alain François Mba Akoulou.

 

Après cet échec, André Eyegue Nzogue repart à Libreville. Cette fois, pour chercher le travail. La chance lui sourit, puisqu'il va être embauché par une société d'électricité qui va l'employer comme assistant électricien. C'est à ce titre qu'il participe aux travaux d'installation électrique de l'Hôpital Kong. Devenu Hôpital général, puis, Centre hospitalier universitaire de Libreville.

 

A l'âge de 20 ans, en 1956, il rentre dans les forces de police nationale sur concours. Et en 1960, après une formation de deux ans à St. Cyr-Mont-d'Or en France, il revient au pays et accède au grade de Lieutenant. Puis, il est successivement Instructeur avant d'être l'aide de camp du président de la République, feu Léon Mba.

 

En 1967, André Eyegue Nzogue est Commandant de corps urbain. Ensuite, en 1971, il est Directeur de la sûreté publique, commissaire central de Libreville (actuelle préfecture de police) en 1971. Et en 1972. Trois ans plus tard, sur une initiative de feu Omar Bongo Ondimba, il met en place, la sécurité routière et devient aussitôt le Directeur de cette administration.

 

En 1980, le policier est nommé Inspecteur général des Forces de police nationale. Un an plus tard, il est le chef d'Etat major général de la police. Puis, en 1983, il est promu au grade de Colonel major et Directeur général de la sécurité publique. Une direction des forces de sécurité n'existant que de nom. Le policier baroudeur finit, par son ingéniosité à l'organiser et la rebaptiser en Sécurité mobile.

C'est en 1985 qu'il est promu au grade de Général de brigade et Inspecteur général chargé des services financiers des Forces de police nationale. Le 1er janvier 1989, il passe au grade de Général de division, avant d'être nommé Conseiller militaire auprès du maire de Libreville.

 

En 1994 André Eyegue Nzogue est promu Général de corps d'armée et Conseiller du ministre de la Défense Nationale. En 1998, il passe au grade suprême dans la hiérarchie militaire, c’est-à-dire, Général d'armée (5 étoiles).

 

Durant sa carrière, André Eyegue Nzogue a effectué, de 1958 à 1971, plusieurs stages de formation en France. Avant de participer, en 1973, au stage de formation à l'école de police d'Abidjan, en Côte d'Ivoire. En 1975, il fera un autre stage de formation en France. Cette fois, dans la sécurité routière.

 

A ses heures perdues, cet homme de devoir composait et chantait des musiques qu’il accompagnait avec sa guitare sèche. Au rythmes assiko et classique. "Je fais la musique de chambre",  confiait-il lors d’un  entretien pour un magazine. Pour le Général, il faisait sa musique pour sa famille et ses amis à qui d'ailleurs il distribuait les CD qu'il enregistrait. Les thèmes de ses chansons, très philosophique, parlaient des faits de la société.

 

Quand il décide subitement de faire la politique, comme sur un coup de tête, il adhère au Rassemblement nationale des bûcherons (RNB-Opposition), alors qu'il est encore en service, le pouvoir va le ramener à l'ordre. Il a faudra tout de même attendre qu'il y ait brouille avec son leader d'alors, le Père Paul Mba Abessole, pour qu'il regagne la caserne.

 

C'est quand il fait valoir ses droits à la retraite qu'il crée sa formation politique, le Forum centriste et socialiste africain (FOCSA). Il parviendra, en quelques années à installer les cellules dans les provinces de l'Estuaire, le Moyen-Ogooué, le Woleu-Ntem, la Ngounié et le Haut-Ogooué. Sans véritable moyen pour prospérer dans la politique, l'homme de Mitzic a tourné le dos à cette carrière sans tambour ni trompette.

 

Feu Général d'armée, André Eyegue Nzogue était médaillé d'honneur, de courage et de dévouement de la police, du mérite gabonais, Chevalier de l'Etoile Equatoriale, Officier de l'Etoile Equatoriale et Chevalier de l'ordre de Malte.

André Eyegue Nzogue qui repose désormais dans sa résidence de Mitzic, était le dernier vivant de la fratrie des 5 gosses. Il laisse deux veuves, 8 enfants  et 22 petits-fils. Ainsi que des amis et connaissances inconsolables.

 

Joyeuse éternité à l'abri du Très Haut Général.

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