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Malversations financières et contrat de dupes : Sogea-Satom, comment cette entreprise mafieuse a fait plier le régime de Libreville

IMG Virgiles Denis, le directeur général de Sogea-Satom.

Un comportement indécent que ne pourraient se permettre des sociétés de droit gabonais installées en France. Pour la multinationale Sogea-Satom, le Gabon n’a rien d’un pays de droit où ses actions peuvent lui valoir des poursuites judiciaires et une fermeture définitive. La preuve, épinglée pour des multiples malversations financières et des surfacturations sur le chantier du bassin-versant de Terre Nouvelle, la société, dont Jean-Michel Guelaud est le président, s’est empressée de faire intervenir l’ambassadeur de France au Gabon. Ce, afin qu’à Alexis Lamek fasse du trafic d’influence aussi bien auprès des autorités gabonaises qu’auprès de Pierre Duro, à l’époque responsable de la Task-force sur la dette extérieure.

 

L’objectif étant de pousser la Task-force à mettre fin aux investigations qui avaient permis de découvrir, par exemple, que Sogea-Satom s’était fait rémunérer 1 milliard 651 millions 640 mille Fcfa pour les frais de prolongation du délai du chantier, alors qu’aucune disposition dans le contrat signé avec l’Etat gabonais ne prévoyait cela.

 

La Task-force sur le même chantier avait découvert que la société française avait procédé à des surfacturations des prix des moustiquaires imprégnées. Lesdites moustiquaires, qui devaient être distribuées aux habitants et aux travailleurs, avaient été facturées à 55 mille Fcfa l’unité, alors que le prix sur le marché est de 7 mille 650 Fcfa. Denis Virgile, à l’époque Directeur général, était passé aux aveux lors d’une audition à la Direction générale de la contre-ingérence et de la sécurité militaire (DGCISM), communément appelée B2.

 

« Au vu des éléments de comparaison qui m’ont été présentés et que je ne conteste pas, le prix est élevé », avait-il indiqué. Sogea-Satom s’engageait alors, en guise de compensation, de procéder à la réhabilitation de l’axe Sogatol-Bâti Plus (dans la zone d’Oloumi). Sauf que là-bas aussi, les travaux n’iront jamais à leur terme. Pourquoi ? Simplement parce qu’entre-temps, Sogea-Satom avait interpellé l’ambassadeur de France au Gabon sur les investigations menées par Pierre Duro. Jean-Michel Guelaud va tout mettre en œuvre depuis la France pour obtenir la tête de son compatriote en plus du démantèlement d’une entité qui leur posait problème.

 

Guelaud ne va pas s’arrêter là. Le président de Sogea-Satom va écrire à la Première ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda, afin d’obtenir d’elle son intervention pour court-circuiter le travail de la Task-force : « Nous nous permettons de solliciter votre intervention, afin que soit désigné un nouvel interlocuteur objectif, compétent et soucieux de l’intérêt général, de façon à permettre de continuer cette séquence […] faire en sorte que nos sociétés puissent reprendre les chantiers », indiquait Guelaud. Si ce trafic d’influence va s’avérer payant à travers la décision du régime de procéder à la suppression pure et simple d’une entité qui avait pourtant permis de démanteler plus 100 milliards de Fcfa de fausses dettes.

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