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(Reportage) Le Mont des Oliviers Otong Akok : Un coin perdu dans l’Estuaire ?

par BITOLI Valérie - 04 Nov 2020, 10:54 148 Vues 0 Commentaires
IMG Une vue du quartier.

Cette question se pose avec acuité, au regard des difficultés, principalement administratives, auxquelles  font face les habitants de cette bourgade de la première province du pays.

 

 

Sur le plan géographique, l'on situe le Mont des Oliviers Otong Akok, à partir des émetteurs de Radio Gabon à Melen, jusqu'à Derrière l'hôpital des Instructions des Armées. En passant par le cimetière des musulmans. Rappelons qu'avant le découpage administratif d'il y a quelques années, la limite entre Libreville (chef-lieu de la province de l'Estuaire) et Ntoum (chef-lieu du département du Komo-Mondah) se situait à environ 200 m de la brigade de gendarmerie de Melen, en allant vers Ntoum. Depuis ce dernier découpage administratif, cette limite est désormais portée au centre du grand rond-point de Melen. Avant ledit découpage, le Mont des oliviers Otong Akok était un village du district Ekoy-Tsini. Une subdivision qui appartenait au département du Komo-Mondah.

 

Cette localité  n'appartient, ni à Libreville, ni à Ntoum, ni à Akanda.

 

En procédant au dernier découpage administratif, le Mont des Oliviers Otong Akok n'a pas été pris en compte par les autorités administratives du pays  chargées de la délimitation des zones géographiques. Ce qui fait que ce village est resté hybride tant sur le plan politique  administratif que juridique. La localité n'appartient, ni à Libreville, ni à Ntoum, ni à Akanda. La preuve, il n'y a actuellement ni chef de quartier, ni chef de village.

 

Cette situation laisse les habitants abandonnés à eux-mêmes ne sachant à quelle mairie s'adresser quand ils font face à un problème administratif. Le problème s’est accentué depuis la fermeture de la sous-préfecture d'Ikoy-Tsini. « Cet état de choses nous met dans les difficultés inimaginables. Notamment avec l'administration municipale et celle de la santé », déplore Patrice Nkogo Ndong, un notable du coin.

 

A en croire ce patriarche et plusieurs autres témoignages, les agents contrôleurs des municipalités de Libreville, Ntoum, Akanda et même d'Owendo vont tous les jours dans ce « village hybride » pour effectuer les opérations de contrôle auprès des opérateurs économiques. « Même si un commerçant a tous ses papiers, ces agents municipaux nous imposent de leur verser de l'argent. Sans nous délivrer un reçu », dénoncent certains commerçants. Et de poursuivre ; « Souvent, quand ils font des saisies, ils nous disent d'aller les délivrer à Akanda. Mais sur place, on ne les trouve pas. Ils nous envoient à Libreville ou à Ntoum, sinon à Owendo. A la fin, personne ne reconnaît avoir saisi nos marchandises. »

 

Pire, si une femme accouche à la maison, en se rendant à l'une des mairies précitées pour faire établir l’acte de naissance, il lui est demandé l'attestation d'accouchement à domicile. Or,  ce document est délivré par le chef de quartier. Le Mont des Oliviers Otong Akok en est aujourd’hui dépourvu. Idem pour  celui qui a perdu un parent à la maison et qui veut se faire établir un certificat de décès.  Pambo Koumba, un compatriote dont l'épouse a accouchée à la maison depuis plusieurs mois fait face à cette difficulté. « A quelle commune appartenons-nous actuellement ? » interroge ce père de famille.

 

L'insécurité grandissante, avec son corollaire de viols, braquages, cambriolages et assassinats suscite aussi les plaintes des habitants. « Nous avons écrit au ministre d'Etat en charge de l'Intérieur pour demander la construction d’un commissariat de police de proximité dans les environs du rond-point de Melen. Parce que nous constatons que cette agglomération connaît un développement économique grandissant et une flambée démographique. Vous conviendrez avec moi que ce sont là, des situations qui entraînent la grande insécurité », confie Patrice Nkogo Ndong.

 

Le notable ajoute que dans la même correspondance, il avait été  proposé au ministre de l'Intérieur d'ériger le Mont des Oliviers Otong Akok en 7e arrondissement de Libreville. Sinon, l'introduire dans l'une des communes précitées. "Mais hélas", regrette le notable, « notre courrier est resté  lettre morte ».

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