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Culture

(Reportage) Pierre Mamboundou Mamboundou, l'oublié de la Nation

par BITOLI Valérie - 24 Oct 2020, 07:05 254 Vues 0 Commentaires
IMG Pierre Mamboundou Mamboundou,président-fondateur de l'Union du peuple gabonais (UPG).

 

Le 15 octobre 2020 marque le 9e anniversaire du décès de l'opposant historique et charismatique au régime Bongo-PDG Pierre Mamboundou Mamboundou par ailleurs président-fondateur de l'Union du peuple gabonais (UPG) décédé, le 15 octobre 2011, à Libreville, à l'âge de 64 ans. Chaque année, cette date est, depuis 2012, l'occasion pour les parents, amis et militants de l'Union du peuple gabonais (UPG), de rendre un hommage mérité au Grand Pierro. Même si, au fil des années, la mobilisation, lors de cette journée, s’effrite.

 

Par Wilfrid Kombe Nziengui

Il est 8 heures dans la ville de Ndéndé, le chef-lieu du département de la Dola, dans la province de la Ngounié. Ce 15 octobre 2020, comme c’est le cas, depuis neuf (9) ans déjà, la ville de Ndendé et le pays tout entier célèbrent l’anniversaire du décès de Pierre Mamboundou Mamboundou. Pourtant, deux (2) heures après les premiers chants du coq, il n’y a pas de grand engouement dans la ville. Il faut attendre dix (10) heures, pour apercevoir sur les principales artères de la ville, quelques véhicules, qui font des allées et venues, et des jeunes vêtus de tee-shirts rouges, qui battent le bitume pour le carrefour Ipétsi, un quartier du Centre-ville où a été érigée la tombe de l'opposant historique et charismatique au régime dictatorial des Bongo.

Au lieu du recueillement, la mobilisation est beaucoup moins importante que les années précédentes. Si le respect des mesures barrières en lien avec la lutte contre la propagation de la pandémie du Covid-19 est évoqué, pour expliquer la faible mobilisation, il y a, au-delà, une réalité plus triste : le désintérêt des militants de l'UPG. Beaucoup d’habitants ont, depuis lors, quitté le Parti de l’opposition pour d'autres formations politiques. Les bagarres autour de l’héritage politique, les divisions, les trahisons et autres intringues politiques ont fini par décourager les quelques militants qui croyaient encore au Parti.

 

Le mausolée inachevé

De loin, on aperçoit la dernière demeure de l'opposant. Un grand bâtiment qui sert de mausolée et dont les travaux sont à l’arrêt, depuis plusieurs années. Un chantier inachevé dont personne ne sait avec exactitude les raisons. L’identité des maîtres d’ouvrage relève tout autant du mystère. «  Il y a longtemps, que les travaux ont été arrêtés. Nous espérons qu'ils vont reprendre et aller jusqu'à la livraison », lance, sans trop y croire, un habitant de la localité. L’architecture du mausolée est pourtant ambitieuse, puisque composée de plusieurs compartiments réservés pour servir de bibliothèque et de salle d’exposition. Les promoteurs de l’ouvrage ambitionnaient d’en faire un site touristique.

 

Contrairement aux premières années, qui ont suivi le décès de celui que ses proches appelaient affectueusement « Pierro », pour ce 9e anniversaire, rien de spécial n'a été prévu. Aucune manifestation d'envergure. Seul le cercle de fidèles a effectué le déplacement. Vêtus de polos et de tee-shirts rouges et d’une gerbe de fleurs en main, ce groupe de fidèles rend hommage au « Président ». « C'est un devoir de mémoire pour nous, qui avons connu et côtoyé Pierre Mamboundou. Nous sommes, ici, pour lui rendre ce vibrant hommage et lui témoigner de notre attachement aux idéaux qu'il a tant défendus », confie un militant de l'Union du peuple gabonais.

 

 

Des héritiers ingrats

En dépit de son implication dans le processus démocratique et la lutte pour le développement du pays, le pouvoir en place ne semble toujours pas disposé à rendre des hommages à la hauteur de la personnalité politique qu’a été Pierre Mamboundou Mamboudou. Aucun édifice public dédié en son nom, aucune réalisation biographique diffusée sur les chaînes nationales publiques… Tout est fait, comme s’il fallait absolument effacer toutes les traces de son passage.

Pire, à Ndéndé, sa ville natale, aucune autorité politique upégiste n’a daigné pointer son nez à la cérémonie d’hommage. Pourtant, les Mathieu Mboumba Nziengui, Jean de Dieu Moukagni Iwangou, Bruno Ben Moubamba, Olivier Koumba Mboumba… n’ont jamais hésité à parler ou à se réclamer héritiers politiques de Pierre Mamboundou Mamboundou, pour atteindre des objectifs politiques. Ingratitude et cynisme quand vous nous tenez !

 

 

Le jour du décès

Le samedi 15 octobre 2011, vers 23 heures, le président de l'Union du peuple gabonais (UPG) est retrouvé mort sur son lit. L'annonce de son décès surprend toute la nation, ce d'autant plus que dans la même journée, Pierre Mamboundou Mamboundou venait de présider une réunion politique avec quelques membres de son cabinet. Une trentaine de minutes seulement après l'annonce du décès, le domicile de l'opposant s'est retrouvé bondé de monde. Parents, amis, connaissances et militants de l'UPG ont inondé les alentours de la résidence de leur leader.

Jeudi 27 octobre, la dépouille est  sortie de la morgue. Alors que les députés attendaient l'arrivée du corps à l'hémicycle, afin de rendre un dernier hommage au député de Ndéndé, les militants vont décider de la déviation du cortège pour exposition du corps à Rio, lieu mythique, où le défunt aura organisé les plus grands meetings de sa carrière politique. Après cette étape, la dépouille sera conduite à son siège à d'Awendjé et à sa résidence du Beau-séjour, avant d'être acheminée vers Mouila et, pour la dernière étape, à Ndéndé, où a eu lieu l'inhumation.

 

Biographie

 

Ingénieur des postes formé en France, il se lance en politique en 1990. Il travaille en France, (1979-1989) au sein de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), ancêtre de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Pierre Mamboundou Mamboundou est expulsé de France en 1990 et rejoint Dakar au Sénégal, pour un exil politique. Il va passer  trois (3) ans, avant de rentrer au Gabon. Il se présentera à la présidentielle à plusieurs reprises en 1998 et 2005 contre Omar Bongo Ondimba et, en 2009, contre Ali Bongo Ondimba, le fils d'Omar.

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