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Politique

(Tribune libre) Adresse aux démocrates : La France et nous

par BITOLI Valérie - 31 Aug 2020, 08:24 136 Vues 0 Commentaires
IMG Quatre ans après, la crise issue de l'élection présidentielle demeure.

Guy Nang-Bekalé, Dr en Sciences politique et proche de Jean Ping, accuse ouvertement la France d’être le grand responsable de la crise qui sévit depuis 2016. La même France ferme les yeux sur le vide au sommet de l'Etat. Lecture.

(*) Par Guy Nang- Bekale

 

 Cette adresse est destinée aux catégories de gabonais qui aiment sincèrement, sans calcul et de façon désintéressée le Gabon ; à ceux qui souffrent de constater que leur pays est entre les mains des gens de peu de valeur : égoïstes, inconscients, violents, jouisseurs et sans amour qui le conduisent à la ruine ; au peuple et aux autorités françaises, en particulier à l’Ambassadeur de France au Gabon.

 

Chers compatriotes, Chers amis !

 

Ce n’est nullement à la guerre que nous vous invitons. Nous vous demandons, conformément à la loi, de revendiquer votre droit à la justice, à la vérité, à la liberté et à la souveraineté. Vous savez que le blocage actuel de la politique gabonaise est causé par :

- Les agents des pays extérieurs regroupés au sein de ce qui est baptisé « Communauté Internationale » à laquelle la France, le Gabon sont membres et par

- Un groupe de nationaux, hommes et femmes qui ont prêté serment de participer à la déchéance de leur pays.

 

Au cours des soixante dernières années, la France, il faut le redire, a été fréquemment prise en flagrant délit de violation des valeurs qui ont fait la grandeur de son histoire et qu’elle a léguées à ses anciennes colonies africaines dont le Gabon.

En face de ces stipendiés satrapes jouisseurs qui ont pris l’Etat gabonais en otage se tiennent démunis, les compatriotes patriotes qui souffrent, écœurés et malheureux, de voir le Gabon aller à la dérive, à vau-l’eau.

 

Au regard de l’attitude de la France, les peuples des pays francophones africains ont sujet d’affirmer que la France est leur porte malheur et la source de leurs maux.

Les Peuples noirs francophones se sont faits niqués par la France qui leur a fait croire qu’elle était leur amie : Pays des droits de l’homme, qu’elle les traiterait en hommes libres. Pays de la justice, qu’il leur sera fait justice. Pays de la Liberté, qu’ils vivront libres et, pays de l’Egalité, qu’ils connaîtront la fraternité.

 

Peuple gabonais ! Maintenant qu’il semble que la forêt, la mer, le sol et le sous-sol gabonais se vident de leurs richesses, l’on a l’impression que la France étatique se désengage de notre pays pour le confier à des sous-traitants véreux, les pays et les grosses entreprises mondialisées qui accélèrent leur exploitation.

 

Se peut-il que le Gabon intéresse de moins en moins la France, notre partenaire historique et stratégique ? La crise qui sévit depuis 2016 se prolonge dans des conditions si désespérantes que tout gabonais devrait s’interroger sur la place du Gabon dans l’arène sociopolitique internationale et sur l’avenir des relations entre leur pays et la France…

 

Le Peuple gabonais, est en grave danger. Le Gabon est l’un des rares pays au monde qu’on accepte de participer à la vie politique internationale sans Président de la République, Chef d’Etat parce qu’une « indisponibilité temporaire » insérée frauduleusement dans la loi fondamentale à la suite d’un événement conjoncturel s’est transformée dans les faits en « disposition légale durable» pour servir le fonctionnement structurel des institutions de l’Etat. C’est une honte !

 

La France et les alternances ratées au Gabon

 

Si le Gabon était un pays de droit en voie de démocratisation, il y aurait déjà été mis en place une nouvelle base pour un partenariat plus sain, plus humain et plus profitable à la France et au Gabon. Elle aurait servi d’exemple et de référence aux relations entre la France et les autres pays francophones.

 

Mais, étrangement, c’est dans les pays qui apparaissent en Afrique comme les plus francophiles : la Côte d’Ivoire à l’Ouest et le Gabon au Centre que la France commet les actes les plus odieux, les plus abjects et les plus impopulaires : guerre, tueries, violences, fraudes électorales etc.

Au Gabon, à plusieurs reprises depuis 1990, la France a fait obstruction à l’alternance en privant de leur victoire, les compatriotes porteurs d’espoir de changement et d’amélioration pour leur peuple et leur pays. Paul Mba Abessole et Pierre Mamboundou ont battu Omar Bongo sans jamais accéder au pouvoir, Oye Mba a été menacé et forcé de se retirer de la compétition électorale, André Mba Obame (AMO) et surtout Jean Ping ont battu Ali Bongo à plate couture. Si AMO est mort avec lui sa victoire ; Ping Jean vit encore et sa victoire est toujours valable. Le peuple attend qu’elle soit reconnue pour qu’il prête serment en qualité de Président de la République, Chef de l’Etat……Les gabonais ne rêvent pas.

 

La Communauté internationale : ONU, UE, UA ; les « grandes puissances de la terre et du ciel » : USA, Chine, Russie, France, Allemagne, Japon et tous leurs représentants au Gabon… ; les Institutions nationales : la Cour Constitutionnelle, l’Exécutif émergent, le Parlement, les Forces armées, les candidats adversaires de Ping de 2016 et d’aujourd’hui et bien entendu le peuple gabonais savent tous, sans exception, que c’est Ping qui a remporté le scrutin de 2016. Ceux qui pensent ou disent qu’il ne faut pas en parler ont tort. Ce ne sont pas des démocrates.

 

Pourquoi les Gabonais s’insurgent contre la France ?

 

D’abord à cause du comportement partial et hypocrite fait de deux poids et deux mesures de la France. Certes Macron n’est ni De Gaulle, ni Sarkozy. Mais le principe de continuité de l’Etat pousse les gabonais à considérer la France comme la cause de leurs difficultés et comme l’incontournable partie prenante à leur solution. Ce n’est ni Macron, ni les gabonais ; mais bien Sarkozy, Président français, qui a installé Ali au pouvoir au Gabon. Etant donnée l’incapacité des institutions locales à faire valoir la victoire de Ping, à reconnaître qu’Ali a perdu l’élection et que son « indisponibilité temporaire » s’est désormais muée en « indisponibilité définitive », la France d’Emmanuel MACRON devrait se montrer juste et respectueuse des engagements de son pays pour la souveraineté et les droits des peuples.

 

Il est urgent de solutionner la crise gabonaise.

 

(*) Dr d’Etat en Sciences Politiques

 

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