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Politique

Tribune libre : « Il faut que ça change... »

IMG Vincent Moulengui Boukossou

(*) Par Vincent Moulengui Boukossou

 

Après soixante années de souveraineté nationale, l’espace géographique et économique gabonais se caractérise par la présence des traces de pillage de son sol, de son sous-sol, de sa forêt et de ses rivières. Le territoire gabonais est, aujourd’hui, défiguré par des cratères dans des zones d’exploitation minière et pétrolière ainsi que par des sillons de déserts en pleine forêt équatoriale liés à la destruction de ses essences. Cette richesse, exploitée à outrance, ne parvient pas à la population gabonaise. Cette situation est la conséquence du manque de vision, du manque de volonté politique, du laisser-faire et de l’égoïsme des dirigeants du pays depuis 1967.

Les Gabonais, conscients de la destruction de leur pays par des cupides étrangers et nationaux, ont décidé, lors de l’élection présidentielle du 31 août 2016, d’y mettre un terme, en confiant le destin de leur espace vital à un homme qu’ils ont estimé capable de procéder au changement de la gestion de leur pays, eu égard au projet de société qu’il leur a soumis.

 

Le Gabon à l’abri de la peur et du besoin

Pour ce faire, Jean Ping a présenté une vision : construire une République unie dans la diversité, un Etat de droit et un pays de justice sociale. Cette vision, il pense la traduire par la mise en œuvre de son projet de société : le Gabon à l’abri de la peur, le Gabon à l’abri du besoin. Le peuple gabonais l’a accepté par plus de 65 % des suffrages exprimés lors de l’élection présidentielle du 31 août 2016.

 

La force tranquille que Jean Ping déploie à travers une diplomatie agissante, depuis quatre ans, pour revendiquer la reconnaissance de sa victoire et sa volonté inébranlable d’aller jusqu’au bout, lui permettront sûrement de récupérer le siège présidentiel que le peuple gabonais lui a confié pour sept ans. Le changement que Jean Ping propose aux Gabonais est de gérer le Gabon selon des valeurs universelles en cours dans tout Etat moderne et dont l’objectif fondamental est le développement harmonieux du Gabon.

La dictature imposée depuis 1967 a imprimé la peur dans la conscience collective des Gabonais par des intimidations, le bâillonnement et les humiliations de toutes sortes. Les Gabonais ont été enrôlés dans le PDG, parti-Etat, qui a perverti des jeunes femmes et jeunes filles gabonaises dans des groupes dits d’animation ayant entrainé des fractures profondes dans de nombreuses familles.

 

A cela, s’est ajouté le choix des dirigeants sur la base régionale et ethnique. La population a été contrainte de croire que la nomination d’un des leur à un poste de responsabilité dans la République et qui viendrait leur faire des dons était une solution à leur paupérisation. Ces tares étaient loin d’élever l’esprit du Gabonais dans le sens de la culture des valeurs susceptibles, d’aider à la construction d’une République démocratique, d’une Nation unie et d’un Etat de droit.

 

Le projet de société présenté aux Gabonaises et Gabonais par Jean Ping vise à annihiler cette peur en instaurant la démocratie pluraliste et le respect des libertés fondamentales et individuelles. Il vise aussi à redonner aux Gabonais leur dignité et leur capacité cognitive qui leur permettront de prendre en main leur destin.

 

 

Les deux plus grands piliers du développement du Gabon

 

Dans ce projet de société, Jean Ping affirme sa volonté d’agir sur les deux plus grands piliers du développement du Gabon : l’éducation et la santé. Une population éduquée et formée prend en charge son destin. Non seulement, elle crée de l’emploi par son initiative privée, mais elle diminue la charge de l’Etat, dès lors que le nombre d’assistés baisse. Aujourd’hui, les exclus scolaires déversés dans la société sont de plus en plus nombreux, non seulement à cause de la paupérisation des familles, mais surtout, à cause de la dénégation à la jeunesse par l’Etat, de leur droit à l’éducation et à la formation. Ces jeunes déscolarisés sont à la merci de l’alcool et des stupéfiants et constituent une armée de délinquants dans les quartiers des villes ou un vivier pour le recrutement des milices du pouvoir.

 

La bonne santé d’une population permet la vitalité économique d’un espace qui, elle, induira l’optimum de développement. Cette vision n’est réalisable que grâce à une gouvernance économique, administrative et financière confiée aux Gabonais pétris de connaissances et des valeurs dans la gestion du bien public. C’est pourquoi, pour créer ce changement, Jean Ping, hormis son combat pour la reconnaissance de sa victoire, a appelé dans son discours du 12 novembre 2018, au rassemblement de tous les Gabonais de tout bord politique. Cette main tendue a été réitérée, le 10 avril 2019, dans l’extrait ci-dessous :

« J’invite de même la France, l’Union européenne et tous les amis du Gabon à s’impliquer, afin d’éviter au Gabon de tomber dans l’instabilité. Pour ma part, je ne ménagerai aucun effort, pour tenir mes engagements pour un Gabon à l’abri de la peur et à l’abri du besoin.

Dans cette perspective, les Gabonais doivent absolument se retrouver en vue de parvenir à une décision républicaine commune partagée par le peuple gabonais ; cela s’impose pour la feuille de route du nécessaire redressement du pays ; cela s’impose au nom de la sauvegarde de la patrie. Nos partenaires et la communauté internationale y prendront naturellement leur juste place. Mon attachement au rassemblement est inébranlable. Telle doit être notre décision à tous, en évitant toute dérive ».

 

La clarté et la profondeur de ces propos sont sans conteste. La faute étant humaine, le plus dramatique est de persister dans l’erreur et dans l’égoïsme. Les arrangements d’arrière-boutique ne permettront pas le redémarrage de notre pays dans tous ses secteurs d’activité. Personne, ni cette génération, ni celles à venir, ni les nationaux, ni les amis d’ailleurs, n’a intérêt à vivre ou à faire des affaires dans un pays où règne le chaos.

 

(*) Membre de la Coalition pour la nouvelle République

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